Cagnotte, coups de poing et mea culpa: retour sur la polémique du “boxeur Gilet Jaune”

Cagnotte, coups de poing et mea culpa: retour sur la polémique du “boxeur Gilet Jaune”

On l’a vu faire plier un CRS avec ses coups de poing précis et percutants. Grâce à son jeu de jambes et sa témérité, Christophe Dettinger est devenu célèbre ce week-end lors de la dernière manifestation des Gilets Jaunes. Héros pour certains, criminel pour d’autres, l’ancien champion de France de boxe est au coeur d’un scandale qui divise encore plus l’Hexagone. Une cagnotte a même été lancée pour l’aider à régler ses frais de justice…avant d’être supprimée. 

Samedi, une vidéo montrant un grand bonhomme faire plier un CRS avec ses coups de poing précis et percutants a choqué une partie de la France et a récolté l’adoration des Gilets Jaunes. Cet homme qui fait vaciller un policier en armure sur sur la passerelle Leopold-Sédar-Senghor (Paris), c’est Christophe Dettinger, ex-champion de France de boxe en catégorie poids lourds-léger. Dans une autre vidéo, on le voit, sur cette même passerelle, rouer de coups de pieds un autre CRS déjà à terre .

Ces deux vidéos ont d’abord entraîné la réaction des autorités françaises. La police nationale a promis au boxeur de lui faire connaître l’application du Code pénal, sous-entendant qu’il risquait gros. Plusieurs politiciens se sont indignés de son comportement, dont Edouard Philippe et Christophe Castaner, respectivement Premier ministre et ministre de l’Intérieur. “Pleine confiance en notre justice devant laquelle il devra rendre compte de cette attaque aussi lâche qu’intolérable”, a indiqué le dernier.

Une vidéo et une garde à vue

Lundi, le “boxeur Gilet Jaune” a posté une vidéo d’excuse sur Facebook. “À un moment, la colère est montée en moi et j’ai mal réagi”, confie-t-il sur un ton un peu brouillon. “Demain matin, je me rends en garde à vue, s’ils ne m’ont pas chopé avant”. Et il s’est effectivement rendu en garde à vue, comme le confirme ce tweet où Castaner déclare: “il s’est présenté aux enquêteurs de la sûreté territoriale de Paris (…) et devra répondre de ses actes devant la Justice.”

Les policiers qui ont encaissé les coups de Dettinger ont été interviewés par différents médias français. Pour Quotidien, l’émission présentée par Yann Barthès sur TMC, ils racontent le choc. “Il m’a sauté dessus, il s’est mis en garde et il a commencé à boxer en visant vraiment mon visage et ma tête, essayant de me mettre KO et au sol”, explique le CRS qui se tenait sur la passerelle. Le deuxième, bras dans le plâtre suite aux coups envoyés par le boxeur, ajoute que les agressions envers les CRS sont de plus en plus fréquentes.

Une cagnotte de 100.000 euros

Ces réactions du “monde d’en haut” ont inquiété une partie des Gilets jaunes qui voyaient en le boxeur une image de bravoure, à l’inverse des policiers qui y voyaient l’action d’un voyou. C’est alors qu’un proche de Dettinger a eu l’idée de créer une cagnotte pour apporter une aide financière au boxeur. En un peu plus de 24 heures, la cagnotte Leetchi a récolté plus de 115.000 euros. Ces sommes sont censées couvrir ses futurs démêlés avec la justice,

“Tous les week-ends, cet homme a défendu pacifiquement ses idées, celles des Gilets Jaunes. Concerné par l’avenir de son pays, il fait partie de cette France des oubliés qui ne cherche qu’à se faire entendre. Aujourd’hui, il a assumé ses actes, mais risque de servir d’exemple. Par cette cagnotte, nous souhaitons soutenir sa famille et lui montrer la solidarité du peuple des Gilets Jaunes, du vrai peuple français”, peut-on lire sur le site de Leetchi.

Polémique et contre-cagnotte

Cette cagnotte a drainé son lot d’indignations les plus diverses. Certains se sont offusqués de la somme récoltée en aussi peu de temps. D’autres, que l’on puisse vouloir soutenir un homme ayant frappé des représentants de loi. “C’est une honte. Je ne comprends pas pourquoi elle n’est pas condamnée plus unanimement par l’ensemble de la classe politique”, a indiqué sur LCI Marlène Schiappa, secrétaire d’État égalité femmes-hommes.

Certains ont accusé la plateforme Leetchi de soutenir un mouvement opposé aux valeurs de la République française. Voici sa réponse: “Leetchi s’engage à ce que les fonds collectés sur la cagnotte de soutien à Christophe Dettinger servent uniquement à financer les frais de justice conformément à nos CGU et à la législation en vigueur. En effet, nos CGU proscrivent toute incitation à la haine ou à la violence. Compte tenu des actes reprochés à Christophe Dettinger, aucune autre utilisation de la cagnotte ne saurait être acceptée.”

Ce mardi 8 janvier, le président du mouvement Les Républicains de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, Renaud Muselier, a lancé une “contre-cagnotte“. Celle-ci vise à collecter des fonds pour soutenir les forces de l’ordre blessées durant les mouvements de contestation des gilets jaunes. La cagnotte a déjà récolté plus de 8.000 euros.

Cagnotte clôturée: la rage

Face aux “pressions médiatiques, et afin de préserver la famille de Christophe”, les créateurs de la cagnotte ont “décidé de ne plus afficher le montant total” et de clôturer l’appel aux dons. Plus de 116.000 euros ont été récoltés mais, dans les rangs des Gilets Jaunes, cette annonce est mal passée.

“J’ai la rage”, “c’est une honte”, “je boycotterai Leetchi”, “c’est du vol”, “c’est ça la dictature”… a-t-on vu apparaître en commentaire sur les groupes Facebook des Gilets jaunes. Les membres de ces groupes s’indignent du fait que l’on ne puisse plus soutenir financièrement le boxeur. Qu’ils soient sérieux ou second degré, ces commentaires révèlent surtout que le boxeur est devenu la nouvelle image forte de cette lutte.

Facebook screenshot

Voici le “mea culpa” de Christophe Dettinger

Et ici, la vidéo devenue célèbre ce week-end, filmée à Paris

Rendez-vous au prochain épisode pour connaitre la sanction infligée au “boxeur des Gilets Jaunes”

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