Benoît Lutgen est-il encore l’homme de la situation pour un cdH qui « veut se tourner vers l’avenir »?

Benoît Lutgen est-il encore l’homme de la situation pour un cdH qui « veut se tourner vers l’avenir »?

Si toute la presse s’est posé des questions sur l’avenir d’Elio Di Rupo au sein du PS, il parait normal d’en faire autant pour Benoît Lugen. Publifin et le Samusocial ont fait beaucoup de mal aux deux présidents de parti, mais pour deux raisons différentes. Si pour le premier, la critique visait son manque d’appétit pour faire régner la bonne gouvernance, pour le deuxième, c’est sa stratégie politique qui est remise en cause. La conséquence est pourtant la même: une chute vertigineuse dans les sondages.

Lundi 19 juin, le cdH et Benoît Lutgen décident de retirer la prise. Le président des humanistes ne veut plus gouverner avec le PS dont les affaires Publifin et du Samusocial réveillent de vieux démons. Officiellement, le cdH pointe la mauvaise gouvernance de son partenaire en Wallonie, à Bruxelles et en Fédération Wallonie-Bruxelles. Officieusement, il s’agit d’une véritable stratégie politique pour relancer le cdH, en perte de vitesse dans les sondages. En septembre 2016, le parti humaniste dépasse difficilement les 10% d’intention de vote en Wallonie et ne pèse plus que 6,5% à Bruxelles. Il faut un électrochoc.

L’échec d’une stratégie politique

S’en suit la volonté de Benoît Lutgen de trouver d’autres partenaires, ce qui mènera à une crise politique de plusieurs mois pour un résultat plus que mitigé.

En Wallonie, le cdH s’associe au MR, ravi de pousser son rival historique vers la sortie. Voilà le tandem cdH-MR parti pour une union de deux ans (jusqu’aux élections législatives de 2019), avec la plus petite majorité possible.

À Bruxelles et en Fédération Wallonie-Bruxelles, c’est la cata: Ecolo ne veut pas monter à bord, et Défi, devenu indispensable, pose trop de contraintes. Bilan: c’est le statu quo, et le « tout ça pour ça ». Les citoyens francophones, eux, ont observé ça de loin, entre dégoût du monde politique et incompréhension du fonctionnement de nos institutions. Leur ressenti, exprimé dans les récents sondages, était donc fort intéressant à observer, après plusieurs mois de crise.

La chute

Les stratégies des uns et des autres ont donné des résultats nuancés. Ecolo, qui voulait d’abord négocier sur la bonne gouvernance avant de finalement se retirer, a mis du temps à bénéficier de sa stratégie. Mais le dernier sondage Kantar TNS est on ne peut plus clair: Ecolo devient le troisième parti wallon, améliorant son score de 2014 de plus de 10%! À Bruxelles, les Verts sont même le deuxième parti derrière le MR.

Le MR justement, qui a profité de l’opportunité wallonne pour lier sa politique menée au fédéral avec celle du sud du pays, ne s’en sort pas trop mal. Il n’est dépassé que d’un dixième de pour cent par le PS en Wallonie, toujours premier parti wallon.

Le comble est bien là: si le PS a chuté lourdement (10% en Wallonie et à Bruxelles) au profit du PTB, le parti d’Elio Di Rupo, toujours bien en place, se classe respectivement sur la première et la troisième marche du podium (Bruxelles). À l’inverse, le parti de Benoît Lutgen n’a pas du tout inversé la tendance de l’année précédente: le cdH glisse en cinquième position en Wallonie (8,7%) et même en sixième position à Bruxelles (7,6%), soit deux fois moins que le Défi d’Olivier Maingain, un autre grand bénéficiaire de la crise.

Un sursis

Reste que les mots employés lors du bureau politique de ce lundi ne sont pas le fruit du hasard: « Ce n’est pas à quelques personnes de gérer ce parti », lançait le luxembourgeois Josy Arens, l’initiateur du coup de gueule de vendredi dans la presse. Catherine Fonck suggérait elle « d’ouvrir les portes et les fenêtres […] pour permettre au parti de se tourner vers l’avenir ». Georges Dallemagne sortait « ébranlé » de l’après 19 juin. Et qu’il fallait réfléchir « à l’organisation du parti ».

Toujours est-il que Benoît Lutgen ne semble pas (encore) remis en cause et qu’une première rencontre devrait être organisée d’ici la fin de la semaine ou la semaine prochaine. Le but est d’arriver avec un plan pour le 3 décembre et le congrès du parti, avant de poursuivre jusqu’aux élections.

Mais à l’instar d’Elio Di Rupo, Benoît Lutgen n’a-t-il pas fait son temps? Le Bastognard a succédé en 2011 déjà à Joëlle Milquet à la tête du parti. Si les récents scores électoraux ont permis au cdH de jouer les alliés de circonstance pour former les majorités, qu’en sera-t-il en 2019? Le MR voudra-t-il s’embarquer avec un parti qui ne pèse presque plus rien?

Benoît Lutgen est personnellement en grande difficulté. Toujours d’après le sondage Kantar TNS, il est seulement la 10e personnalité préférée des Wallons et la 18e des Bruxellois. Mais un sondage ne reste qu’une photographie d’un moment précis, donc beaucoup de choses peuvent changer d’ici octobre 2018 et 2019. Et si ça peut le rassurer, Patrick Dupriez et Zakia Khattabi, co-présidents d’Ecolo, sont classés au-delà de la 25e place en Wallonie, malgré le bon score du parti au niveau global.

Du changement!

Donc en résumant, le cdH n’est pas parvenu à exclure le PS de Bruxelles et de la Fédération Wallonie-Bruxelles, mais en plus, il prend cher au niveau des intentions de vote pour les prochaines élections. Si les élections communales d’octobre 2018 ont leurs propres spécificités, les élections législatives de 2019 devraient, sauf changement majeur, renvoyer le cdH vers un parti anecdotique.

Ce changement majeur, on y réfléchit même en interne. Pas plus tard que vendredi dernier, plusieurs voix s’élevaient dans le journal Le Soir pour lancer un débat sur le fonctionnement du parti. Le bilan de l’après 19 juin devait être fait. Le premier point qui fâche certains élus humanistes a trait à la prise de décision. Si le débranchement de prise a été voté par le bureau politique du parti, on sait très bien que Benoît Lutgen n’a consulté qu’une poignée de personnes.

Ensuite, c’est l’impréparation du président qui pose question. Si Benoît Lutgen a rapidement débranché la prise, il n’aurait que très peu consulté ses potentiels nouveaux partenaires. Il n’a également pas anticipé l’impasse dans laquelle il emmenait son parti. Une double erreur qui s’est payée cash.

Du coup, « pas mal de personnes sont déstabilisées », glissait au Soir une source interne au parti. « Beaucoup sont perplexes », ajoutait-elle. Faut dire que les récents sondages, vus plus haut, ont de quoi inquiéter. De là à pousser le Bastognard vers la sortie? Pour l’heure, on sert les rangs: un groupe de travail et une réflexion interne, acceptés depuis par Benoît Lutgen, vont être mis en place. Non sans un certain agacement de la part du président.

Un sursis

Reste que les mots employés lors du bureau politique de ce lundi ne sont pas le fruit du hasard: « Ce n’est pas à quelques personnes de gérer ce parti », lançait le luxembourgeois Josy Arens, l’initiateur du coup de gueule de vendredi dans la presse. Catherine Fonck suggérait elle « d’ouvrir les portes et les fenêtres […] pour permettre au parti de se tourner vers l’avenir ». Georges Dallemagne sortait « ébranlé » de l’après 19 juin. Et qu’il fallait réfléchir « à l’organisation du parti ».

Toujours est-il que Benoît Lutgen ne semble pas (encore) remis en cause et qu’une première rencontre devrait être organisée d’ici la fin de la semaine ou la semaine prochaine. Le but est d’arriver avec un plan pour le 3 décembre et le congrès du parti, avant de poursuivre jusqu’aux élections.

Mais à l’instar d’Elio Di Rupo, Benoît Lutgen n’a-t-il pas fait son temps? Le Bastognard a succédé en 2011 déjà à Joëlle Milquet à la tête du parti. Si les récents scores électoraux ont permis au cdH de jouer les alliés de circonstance pour former les majorités, qu’en sera-t-il en 2019? Le MR voudra-t-il s’embarquer avec un parti qui ne pèse presque plus rien?

Benoît Lutgen est personnellement en grande difficulté. Toujours d’après le sondage Kantar TNS, il est seulement la 10e personnalité préférée des Wallons et la 18e des Bruxellois. Mais un sondage ne reste qu’une photographie d’un moment précis, donc beaucoup de choses peuvent changer d’ici octobre 2018 et 2019. Et si ça peut le rassurer, Patrick Dupriez et Zakia Khattabi, co-présidents d’Ecolo, sont classés au-delà de la 25e place en Wallonie, malgré le bon score du parti au niveau global.

Du changement!

Donc en résumant, le cdH n’est pas parvenu à exclure le PS de Bruxelles et de la Fédération Wallonie-Bruxelles, mais en plus, il prend cher au niveau des intentions de vote pour les prochaines élections. Si les élections communales d’octobre 2018 ont leurs propres spécificités, les élections législatives de 2019 devraient, sauf changement majeur, renvoyer le cdH vers un parti anecdotique.

Ce changement majeur, on y réfléchit même en interne. Pas plus tard que vendredi dernier, plusieurs voix s’élevaient dans le journal Le Soir pour lancer un débat sur le fonctionnement du parti. Le bilan de l’après 19 juin devait être fait. Le premier point qui fâche certains élus humanistes a trait à la prise de décision. Si le débranchement de prise a été voté par le bureau politique du parti, on sait très bien que Benoît Lutgen n’a consulté qu’une poignée de personnes.

Ensuite, c’est l’impréparation du président qui pose question. Si Benoît Lutgen a rapidement débranché la prise, il n’aurait que très peu consulté ses potentiels nouveaux partenaires. Il n’a également pas anticipé l’impasse dans laquelle il emmenait son parti. Une double erreur qui s’est payée cash.

Du coup, « pas mal de personnes sont déstabilisées », glissait au Soir une source interne au parti. « Beaucoup sont perplexes », ajoutait-elle. Faut dire que les récents sondages, vus plus haut, ont de quoi inquiéter. De là à pousser le Bastognard vers la sortie? Pour l’heure, on sert les rangs: un groupe de travail et une réflexion interne, acceptés depuis par Benoît Lutgen, vont être mis en place. Non sans un certain agacement de la part du président.

Un sursis

Reste que les mots employés lors du bureau politique de ce lundi ne sont pas le fruit du hasard: « Ce n’est pas à quelques personnes de gérer ce parti », lançait le luxembourgeois Josy Arens, l’initiateur du coup de gueule de vendredi dans la presse. Catherine Fonck suggérait elle « d’ouvrir les portes et les fenêtres […] pour permettre au parti de se tourner vers l’avenir ». Georges Dallemagne sortait « ébranlé » de l’après 19 juin. Et qu’il fallait réfléchir « à l’organisation du parti ».

Toujours est-il que Benoît Lutgen ne semble pas (encore) remis en cause et qu’une première rencontre devrait être organisée d’ici la fin de la semaine ou la semaine prochaine. Le but est d’arriver avec un plan pour le 3 décembre et le congrès du parti, avant de poursuivre jusqu’aux élections.

Mais à l’instar d’Elio Di Rupo, Benoît Lutgen n’a-t-il pas fait son temps? Le Bastognard a succédé en 2011 déjà à Joëlle Milquet à la tête du parti. Si les récents scores électoraux ont permis au cdH de jouer les alliés de circonstance pour former les majorités, qu’en sera-t-il en 2019? Le MR voudra-t-il s’embarquer avec un parti qui ne pèse presque plus rien?

Benoît Lutgen est personnellement en grande difficulté. Toujours d’après le sondage Kantar TNS, il est seulement la 10e personnalité préférée des Wallons et la 18e des Bruxellois. Mais un sondage ne reste qu’une photographie d’un moment précis, donc beaucoup de choses peuvent changer d’ici octobre 2018 et 2019. Et si ça peut le rassurer, Patrick Dupriez et Zakia Khattabi, co-présidents d’Ecolo, sont classés au-delà de la 25e place en Wallonie, malgré le bon score du parti au niveau global.

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