Bart De Wever (N-VA) râle à mort sur le PS de Magnette, qui “abîme l’Europe et le commerce mondial”… et les affaires flamandes

Bart De Wever (N-VA) râle à mort sur le PS de Magnette, qui “abîme l’Europe et le commerce mondial”… et les affaires flamandes

Bart De Wever (N-VA) peste contre le PS et son opposition au CETA. Les autres partis flamands de la coalition tiennent aussi mordicus au CETA, et pour cause: le commerce Canada-Belgique est en fait surtout du commerce Canada-Flandre. Paul Magnette et le PS ont peut-être bien fait un coup d’éclat en s’opposant au CETA. Mais les partis flamands ont sans doute encore moins envie que d’habitude de les laisser en profiter au fédéral. 

Bart De Wever (N-VA) n’a vraiment pas mâché les 140 caractères de son tweet. Pour lui, “Magnette laisse Syriza (NDLR: l’extrême-gauche grecque) loin derrière. Le PS abîme, après la Flandre, aussi l’Europe et le commerce mondial. Quel gars vain. #CETA.” Parce que oui, Paul Magnette (PS) campe sur ses positions et refuse le CETA alors que le gouvernement grec, avec l’extrême-gauche de Syriza en a bien voulu. Bart De Wever trouve ça un peu fort et il ne se prive pas de le faire savoir.

Les autres partis flamands de la suédoise n’ont pas l’air de tellement plus apprécier la position de Paul Magnette (PS). Pour Alexander De Croo (Open VLD), ne pas signer le CETA serait “une erreur historique“. Ce scénario serait même “pire que le Brexit”. Marianne Thyssen (CD&V) est sur la même longueur d’ondes: “si la Wallonie ne dit pas oui, ça va poser problème” a-t-elle déclaré dimanche matin sur le plateau de RTL.

Et voilà pourquoi les Flamands pestent tant…

Pour Bart De Wever toujours, “C’est facile de se profiler comme ça si tu n’as toi-même pas d’échange commercial avec le pays en question.” Et le président de la N-VA de mettre en évidence que le commerce belgo-canadien est avant tout flamand-canadien. Il a des chiffres éloquents sur lesquels s’appuyer: 90% de toutes les exportations de la Belgique vers le Canada viennent de Flandre. Au niveau des importations, c’est encore plus marqué: le Canada exporte à peine vers la Wallonie, 98% de ses exportations vont vers la Flandre. Les ports de Flandre comptent sur le CETA pour pouvoir exporter plus. Un tel accord de libre-échange ferait aussi bien l’affaire de Jan De Nul et DEME, les deux giga-entreprises de dragage flamandes. Bref, c’est une question de politique mais c’est aussi une question d’affaires en Flandre. En Wallonie, c’est une question de principes.

Et si le “courage politique” de Magnette ne lui servait à rien?

Ces derniers jours, Paul Magnette et sa région se sont retrouvés sous le feu des projecteurs. Chrysta Freeland, la ministre canadienne du Commerce est venue jusqu’à Namur pour négocier avec le désormais célèbre ministre-Président wallon avant de jeter l’éponge, au bout de sa vie. De l’Europe, Juncker, Schulz, sont venus lui demander de bouger. Paul Magnette n’a pas cédé: les anti-CETA de sa région et du monde entier ont les yeux rivés sur lui et attendent de lui une victoire, une vraie, la moins symbolique possible.

Le PS est relégué dans l’opposition au gouvernement fédéral, il n’y a plus voix au chapitre. Mais il a pu se faire entendre à travers le monde entier sur le dossier CETA, qui s’est discuté au niveau de la Région wallonne, là où le PS gouverne. Cela lui a valu un sacré coup de projecteur, cela lui vaudra peut-être bien la gratitude de certains de ses électeurs. Mais les partis flamands en faveur du CETA risquent bien d’avoir la dent dure. Après l’épisode CETA, sans doute auront-ils encore moins envie que d’habitude de gouverner avec les socialistes wallons au fédéral…

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