Avec Reynders en commissaire européen, Geens va-t-il passer par la case premier ministre?

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Le départ de Didier Reynders (MR) n’est plus qu’une question de temps. À présent, la question est de savoir ce qu’il va se passer pour le reste du gouvernement provisoire, minoritaire et sortant.

Que va-t-il se passer aujourd’hui? Ce weekend, la Commission Européenne et sa nouvelle patronne, Ursula von der Leyen, reçoivent enfin le nom du candidat belge à la commission européenne. Comme il était prévu et écrit, le gouvernement belge pointe vers Didier Reynders.

Petits détails: Reynders n’a pas de “soutien” dans l’hémicycle, il n’y a pas eu de débat à ce sujet, encore moins de vote. Mais, typiquement belge, il n’y a “pas non plus de majorité dans la Chambre contre lui”, comme on peut l’entendre au sein du gouvernement. C’est ainsi que le gouvernement démissionnaire envoie Reynders en Europe avec 38 sièges à la Chambre. La décision était urgente, il fallait donner un nom.

Alors pourquoi choisir Reynders? Il n’y avait pas vraiment d’autre candidat valable: aucun autre parti n’était prêt à payer le “prix” de ce poste. Le MR envoie maintenant ses fils, dont Charles Michel (MR), qui sera le nouveau président du Conseil européen de l’UE en décembre. Ce qui reste du gouvernement est donc un peu léger.

Entre les lignes: Ce qui compte vraiment, c’est cette phase après Michel et Reynders. Après tout, le premier ministre et le vice-premier ministre du MR étant partis, avec ce poste du commissaire européen qui revient MR, il semble que le poste de premier ministre ira à un Flamand. Le premier sur la liste, le vice-premier ministre est, par protocole, Koen Geens (CD&V). Il deviendrait donc soudainement premier ministre. Quelques réflexions:

  • Au sein du gouvernement, vous pouvez entendre explicitement “qu’aucun accord n’a été conclu”. D’autres sources affirment qu’elles “ne sont au courant d’aucun autre accord que celui concernant Reynders”. L’accord avec le CD&V et Geens n’est donc pas complet. Ou ils ne veulent pas en parler trop fort.
  • Si le CD&V obtient le poste de premier ministre, ce ne sera qu’une maigre réussite: un gouvernement qui démissionne, qui peut à peine atteindre 38 sièges, qui n’a pas d’influence… Quiconque accède au poste n’y a pas grand chose à gagner.
  • Mais quiconque débarque au 16 rue de la Loi a de toute façon l’avantage d’être premier ministre, peut aller aux sommets européens et internationaux… Il s’agit donc d’une fonction qui a beaucoup de prestige et d’influence. Personne ne dira “non”, surtout pas Geens.

La grande question: y aura-t-il un gouvernement fédéral d’ici un mois et demi? Si oui, tout ce qui aura précédé sera sans importance. Mais si ce n’est pas le cas, et c’est vers ça qu’on se dirige, nous aurons alors un nouveau Premier ministre, un nouveau ” plombier “. On verra si le rôle coviendra au “bon jésuite” Koen Geens.

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