Apple, Facebook, Google et Uber ne veulent pas aider Trump à constituer un registre des musulmans américains

Apple, Facebook, Google et Uber ne veulent pas aider Trump à constituer un registre des musulmans américains

Les CEO et représentants d’Apple, Facebook, Google, Uber et IBM avaient rendez-vous mercredi avec le président élu des États-Unis. Après cette réunion, les CEO ont tenu à clarifier leur position. Non, ils n’aideront pas Donald Trump à constituer un registre des musulmans des États-Unis.

C’est avec une tête d’enterrement que le gratin de la Silicon Valley s’est rendu mercredi 14 décembre à la Trump Tower pour une réunion avec le futur président des États-Unis. Les CEO et représentants d’Apple, Facebook, Google, Uber, IBM, Oracle et d’autres tiraient vraiment la gueule lors de ce meeting.

Durant les élections, la majorité de ces compagnies avait officiellement apporté leur soutien à Hillary Clinton et s’était opposée à Donald Trump. Et ce mercredi, elles allaient devoir faire usage de diplomatie. Ce qu’il s’est dit lors de cette réunion n’est pas encore officiel mais l’on sait une chose: les géants de la tech n’aideront pas Donald Trump à fliquer tous les musulmans des États-Unis.

NSEERS? Pour Google, c’est non

Le secrétaire d’État du Kansas Kris Kobach, conseiller de l’équipe de transition de Trump, a déclaré à Reuters que le groupe de politique d’immigration de Trump envisageait de rétablir le système national d’enregistrement des entrées-sorties (NSEERS). Ce programme fédéral a été abandonnée en 2011 après avoir été jugé superflu par le Department of Homeland Security, le service d’immigration US, et critiqué par des groupes de défense des droits civils pour avoir injustement ciblé des immigrants issus de pays à majorité musulmane.

Pour cela, l’équipe de Trump aimerait avoir l’aide des pontes de la tech. Mais ça semble plutôt raté. « En ce qui concerne l’hypothèse de savoir si nous pourrions jamais construire un « registre musulman », on ne nous a pas demandé, mais bien sûr, nous ne ferions pas cela », a déclaré un porte-parole de Google à Buzzfeed. « Et nous sommes heureux – parmi tout ce que nous avons lu – que la proposition ne semble pas être sur la table. »

Apple, IBM, Uber et Twitter sont contre

Toutes ces entreprises réunies autour de la table avec Trump ce jour-là disposent de milliards de données sur nous, les consommateurs du monde entier. Mais elles refusent de les donner au président. « Nous pensons que les gens devraient être traités de la même façon, peu importe comment ils adorent, ce qu’ils ressemblent, qui ils aiment, » a déclaré Apple.

Uber et IBM aussi sont catégoriques. À la question posé par Buzzfeed de savoir s’ils constitueraient un registre des musulmans américains, ils ont répondu « NON ». Facebook a répondu que non mais un e-mail interne montre que c’est plus compliqué que ça. L’équipe de Twitter, quant à elle, avait déjà annoncé qu’elle ne collaborerait pas avec Donald Trump pour lui filer des données personnelles, rapporte The Intercept. Peut-être est-ce la raison pour laquelle elle n’a pas été invité à la table des firmes tech.

Oracle et Amazon? Humm…

Oracle est une société de gestion de base de données. Suite à la réunion, la CEO d’Oracle Safra Catz a annoncé qu’elle rejoindrait l’équipe de transition de Donald Trump. Par contre, elle n’a pas répondu au sujet du registre des musulmans et n’a pas voulu confirmer si la NSA, l’agence de renseignement américaine, était toujours client chez eux. Amazon non plus n’a pas donné de réponse.

Plus de 1.300 employés de grandes entreprises de technologie ont signé un engagement cette semaine pour ne jamais aider à construire un registre musulman. La liste des signataires comprend des dizaines d’employés de Google, treize employés d’IBM, dix employés d’Apple, cinq employés d’Amazon, quatre d’Uber et un employé d’Oracle.

Dans l’introduction de leur lettre, ces employés rappellent le rôle que la technologie a joué dans la réalisation des atrocités commises durant l’histoire, notamment IBM qui a fourni de la technologie aux nazis. Et c’est plutôt une bonne chose qu’ils ne soient pas complices de Trump.

epa

Articles sponsorisés