4 pays de l’Union Européenne bloquent l’accord sur la neutralité carbone à atteindre pour 2050

epa07248858 YEARENDER DECEMBER 2018 Steam rises from the brown coal-fired power plant Neurath (front-C) and Niederaussem (rear-L) operated by RWE in Bergheim, 04 December 2018. The Rhenish Brown Coal Field is Europe's largest carbon dioxide source. According to a report by the UN, the carbon dioxide (CO2) emissions have gone up for the first time in four years. The report came just days ahead of the COP24 United Nations Climate Change Conference that took place in Poland from 02 to 14 December. EPA-EFE/SASCHA STEINBACH

Gros échec pour l’Union européenne ce jeudi. Les 28 états membres devaient se mettre d’accord pour atteindre la neutralité carbone d’ici 2050. Malheureusement, quatre pays ont utilisé leur véto: la Pologne, la République Tchèque, l’Estonie et la Hongrie.

La journée de jeudi était de la plus haute importance pour l’Union européenne. L’Union pouvait en effet devenir la toute première grande puissance à évoquer une date précise pour atteindre la neutralité carbone, à savoir 2050. Pour rappel, la neutralité carbone signifie atteindre une émission nulle de gaz à effet de serre et donc de CO2.

Le texte mis sur papier par le Conseil européen avait pour objectif de demander à la Commission européenne de “déterminer comment assurer une transition vers une UE neutre en carbone pour 2050 qui préservera la compétitivité européenne, qui soit juste et socialement équilibrée, tienne compte des circonstances nationales des Etats membres et respecte leur droit à décider leur propre mix énergétique”. Mais tout ne s’est pas passé comme prévu.

Veto

Si ce texte était adopté, l’Union européenne aurait pu envoyer un message fort avant de se rendre au Sommet de l’Action climatique, convoqué en septembre par le secrétaire général des Nations unies. Le secrétaire général des Nations unis António Guterres avait d’ailleurs demandé via une lettre adressée au président du Conseil Donald Tusk, de s’engager à la neutralité carbone pour 2050, mais aussi de revoir à la hausse son objectif de réduction d’émissions pour 2030.

Malheureusement, quatre pays se sont opposés à ces nouvelles exigences: la Pologne, la République Tchèque, l’Estonie et la Hongrie. Pour sa part, le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki exigeait des compensations financières en échange de son accord. La République Tchèque, via son chef de gouvernement Andrej Babis, a lié son destin à celui de la Pologne et n’a finalement pas cédé face à la pression des autres pays européens. L’Estonie et la Hongrie ont ensuite fait de même, revenant sur leur position antérieur.

Compter sur la Finlande

Il va tout de même falloir trouver une solution car l’UE doit remettre sa stratégie climatique au secrétariat de l’UNFCCC pour début 2020. De deux choses l’une: elle doit fixer une date pour atteindre la neutralité carbone mais également se fixer un objectif de baisse d’émissions de CO2 pour 2030. Le Parlement espère pouvoir mettre tout le monde d’accord sur une diminution de 55% des émissions mais visiblement ce n’est pas gagné.

Il faudra donc compter sur la Finlande qui endossera la présidence du Conseil de l’UE dès le mois prochain. Ça tombe plutôt bien puisque ce pays du nord a fait du climat sa priorité absolue et espère atteindre la neutralité carbone d’ici 2035. Il faudra donc qu’elle donne le bon exemple et qu’elle parvienne à convaincre tout le monde de la suivre dans cet exercice périlleux mais nécessaire.

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