Elio Di Rupo seul contre tous: la semaine de quatre jours est une "illusion" pour les uns, un "rêve éveillé" pour les autres

Ce matin sur Bel-RTL, Elio Di Rupo faisait sa rentrée médiatique et il y a été plutôt fort: il a d'abord ouvertement critiqué la coalition en place, l'accusant de s'attaquer aux travailleurs. Avant d'enchaîner par la proposition d'une semaine à quatre jours de travail sans modification de salaire. Cette sortie n'a pas tardé à faire réagir les autres partis qui jugent cette proposition comme, au mieux, irréaliste.  

Du côté du MR bien sûr, on a pas tardé à répondre au président du parti socialiste: "ce gouvernement fédéral n'attaque pas les travailleurs. Au contraire, ceux-ci sont enfin soutenus", a réagi le député David Clarinval (MR). Le député rappelle que la société et son mode de vie ont changé. De la vie de famille aux nouvelles technologies, il faudra nécessairement s'adapter à un nouveau contexte et c'est pour cette raison que le gouvernement fédéral pousse vers plus de flexibilité. En ce compris l'annualisation du temps de travail qui permettrait aux employés de travailler jusqu'à 45 heures par semaine.

La mort annoncée des entreprises

La réponse du cdH ne s'est, elle non plus, pas faite attendre. Partenaire avec le PS au sein du gouvernement régional, le parti humaniste a jugé que la proposition d'Elio Di Rupo était illusoire: exiger des entreprises qu'elles paient un salaire plein de 38 heures aux travailleurs qui ne presteraient que 30,4 heures, c'est la "mort annoncée" de nombre d'entre elles, a réagi Catherine Fonck, cheffe de groupe du cdH à la Chambre.

Le parti centriste privilégie lui aussi une semaine à quatre jours mais dans lequel on répartirait toujours 38 heures de travail. De sorte que les travailleurs puissent concilier vie professionnelle et vie privée, tout en préservant leur pouvoir d'achat. Catherine Fonck conclut en rappelant que cette "flexibilité moderne" doit évidemment se faire via la concertation employeurs et employés.

Moins mesurée, la réaction de la N-VA est sans surprise: Theo Francken a jugé que le PS organisait les "soldes d'été".

"Le chantier des idées"

Parce que oui, si la réflexion d'Elio Di Rupo sur la raréfaction du travail est intéressante, on se demande quand même comment il compte mettre sa proposition en place. Travailler moins, on peut le concevoir. Mais avec le même salaire, il faudra plus d'arguments pour nous convaincre.

Le parti socialiste étudiera en tout cas ces thèmes les 7 et 8 septembre prochains lors de ses journées parlementaires. Et le parti présentera ses propositions finales pour le début de l'année prochaine, lorsqu'il aura clos son "chantier des idées".

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