C'est "ridicule", Geert Bourgeois (N-VA) ne voulait pas "cracher" sur les francophones... ah bon?

Marche arrière toute pour le ministre-président flamand Geert Bourgeois (N-VA) après sa sortie peu inspirée lors de la fête de la Communauté flamande ce week-end. Faut dire qu'il y est allé fort: "la frontière linguistique est devenue une frontière de la grève, et les Flamands crachent sur cela", a-t-il déclaré samedi à VTM. Le lendemain, les réactions ont fusé de toutes parts. C'est l'indignation quasi générale et finalement... assez prévisible.

"C'est ridicule de penser que je pourrais cracher sur des gens, que mon parti pourrait cracher sur des gens", a réagi dimanche soir le ministre-président flamand Geert Bourgeois sur la VRT. Faut dire que le bonhomme essaye de corriger un peu le tir suite aux vives réactions qu'ont suscité ses propos lors de la fête de la Communauté flamande.

Vous n'y pensez pas! Ses propos ont été "mal compris": il ne visait absolument pas les francophones, mais non bien sûr, il souhaitait juste indiquer que les grèves l'insupportaient et qu'en Flandre, "les Flamands veulent aller de l'avant et travailler". Les francophones pas peut-être? Geert Bourgeois semblent oublier que les grèves du mois de mai et de juin ont touché particulièrement les francophones. Et que eux aussi en avaient marre de ces situations de blocage, notamment au niveau des trains.

Geert Bourgeois, c'est un peu "comme Trump ou Farage"

Même du côté flamand, et de la coalition, on en revient pas: pour le député flamand Robrecht Bothuyne (CD&V) "ce n'est pas là le registre de langage que l'on attend d'un ministre-président, cela fait plutôt penser à celui de Donald Trump ou de Nigel Farage", a-t-il déclaré, interrogé par VTM.

Ou comment mettre l'accent sur les choses qui divisent plutôt que d'insister sur celles qui rapprochent: "la Flandre a reçu des compétences qui permettent de donner des perspectives aux Flamands. Pourquoi donc devrait-il être question de cracher sur l'autre? Et même s'il fallait demander de nouvelles compétences, la dernière chose à faire est de cracher sur ceux avec qui l'on doit dialoguer", a poursuivi le député.

Même son de cloche du côté de Hilde Crevits, vice-presidente du gouvernement flamand, qui a tenu à préciser que son parti (CD&V), "ne crachait pas sur les gens, même si nous ne sommes pas d'accord avec certains choix qui ont été faits de l'autre côté de la frontière linguistique."

"Ringard"

Côté francophone, on est déçu mais pas étonné: "le nationalisme est triste et tire tout le monde vers le bas et le petit, il préfère l'hostilité à la fraternité", a réagi dimanche le co-président d'Ecolo Patrick Dupriez. Avant de se demander si la frontière linguistique n'était finalement pas "aussi celle des investissements dans les prisons et le rail". Il a jugé les propos de Geert Bourgeois de "ringards" en précisant que la Belgique "est habitée par beaucoup de Flamands qui sont entrés dans le 21e siècle, contrairement à Geert Bourgeois."

Mais bon, devait-on vraiment attendre autre chose d'un membre de la N-VA? Apprend-on aujourd'hui, que oui, le communautaire fait encore et toujours partie du core business du parti séparatiste. Geert Bourgeois a joué le rôle qu'on lui connait depuis toujours. Et il a rappelé aussi aux partisans du parti de Bart De Wever que oui, si la Belgique va mal parfois, c'est surtout la faute des Francophones.

Déjà lu?