En 2016, nos politiciens vont (peut-être) enfin dépénaliser l'avortement en Belgique

Le parti Ecolo a déposé une proposition de loi pour retirer une fois pour toute l'avortement du Code pénal. L'IVG, l'interruption volontaire de grossesse, ne doit plus être considérée comme un délit, a avancé Muriel Gerkens. Elle rejoint le PS et DéFi qui ont déjà déposé des propositions de loi afin de dépénaliser l'avortement. En 2016, il était temps.

En Belgique, les femmes qui avortent sont encore considérées comme des hors-la-loi puisque le Code pénal en vigueur n'a toujours pas été modifié. Pourtant, de nombreuses associations le demandent, et cela depuis les années 70.

Ce lundi, c'est la députée Ecolo Muriel Gerkens qui a déposé un projet de loi pour que l'IVG ne soit plus considérée comme un délit. Même partiellement. L'avortement doit tout simplement ne plus être vu comme une infraction punissable. Quelle que soit la situation. Selon La Libre Belgique, le PS, DéFI et une député MR ont également déposé une proposition de loi à la Chambre allant dans ce sens.

L'IVG souvent attaquée

La législation concernant l'avortement est souvent attaquée. Faudrait-il punir plus? Modifier certaines conditions afin que, dans certains cas, la femme - et son entourage - soient sanctionnés? Ecolo est contre ces modifications. Dans aucun cas, l'avortement ne peut être punissable.

"Régulièrement, l'autorisation d'avorter sous certaines conditions est réinterrogée. Chaque tentative de révision à la baisse de ce droit constitue une atteinte aux droits des femmes. Il est donc important d'envoyer un signal fort en le renforçant encore davantage", a expliqué la députée Muriel Gerkens.

Notion de détresse? Buiten

Les Verts s'attaquent aussi à la notion de détresse. Késako? L'état dépénalise partiellement les femmes souhaitant avorter s'il a été reconnu par des équipes médicales qu'elles étaient dans un état de détresse. Cette notion de détresse a été régulièrement soumis à débat. En 2014, cet "état de détresse" avait été jugé trop subjectif.

Et c'est également ce que pense Ecolo. Seul le personnel soignant peut juger de cet état de détresse et ils ne peuvent, avance le parti, juger cela de manière objective. Dès lors, leur appréciation demeure "exclusivement un jugement de valeur qui ne peut avoir de place dans un arsenal juridique où l’IVG devient un devoir de santé publique", a ajouté Muriel Gerkens.

Et de citer la législation luxembourgeoise: "toute femme qui se voit confrontée à une grossesse non désirée se trouve dans une situation de détresse." Il s’agit donc "d’une perception intrinsèque de la femme ne pouvant pas être soumise à une interprétation par autrui."

Bonne chose? Oui, mais il y a les autres

On est en 2016 mais il existe encore de nombreuses associations pour qui l'IVG est "un drame humain." On les retrouve notamment chez "March4life", criant au génocide et remerciant leur mère d'avoir été suffisamment alerte pour leur avoir donné la vie.

Selon Paul Forget, le Président du comité de la "Marche pour la Vie", demander la dépénalisation totale de l'IVG est "une proposition inconsciente et déconnectée de la réalité." Son comité "Marche pour la Vie" défile chaque année dans les rues de Bruxelles pour pénaliser plus sévèrement l'avortement.

Sources: La Libre, Ecolo, March4life, Laïcité

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