"Seigneur Mayeur considère les Bruxellois comme ses serfs": quand le piétonnier se transforme en citadelle à défendre

Yvan Mayeur (PS) en prend plein la figure ces temps-ci. Aujourd'hui, c'est Benoît Lutgen (cdH) qui s'en est pris au bourgmestre de Bruxelles. Mayeur est un "seigneur" selon lui. Et le ministre bruxellois Pascal Smet (sp.a) lui conseille de changer de ton. Bref si Mayeur veut rester seigneur, il va devoir changer de tactique pour amadouer ses serfs et préserver sa citadelle.  

En répondant aux question de La Libre, Benoît Lutgen (cdH) n'a pas mâché ses mots en parlant d'Yvan Mayeur (PS). "Seigneur Mayeur considère les Bruxellois comme ses serfs". Nous voilà donc de retour au Moyen-Âge. Et la forteresse de Mayeur, son piétonnier, semble pourtant encore résister aux envahisseurs. Mais combien de temps pourra-t-il tenir comme ça, critiqué à tout va par tous les autres seigneurs de notre royaume?

En cause: son piétonnier encore et toujours. "Le piétonnier, c’est terrible et ça ne concerne pas que Bruxelles. Ça concerne toute une région qui est à l’agonie à la suite des attentats. Mais M. Mayeur et ses camarades du MR décident de faire un piétonnier qui met les indépendants et les commerçants quasiment à la rue", dénonce Benoît Lutgen. Il précise toutefois: "Le CDH n’est pas opposé au principe d’un piétonnier, mais pas comme ça. Il aurait fallu une concertation avec les autres communes, avec les commerces."

Le dossier divise

"Ce qui a commencé par être un projet enthousiaste avec un large soutien s'est transformé en un dossier qui divise" voilà qui résume parfaitement la situation. Et c'est signé le ministre bruxellois Pascal Smet (sp.a). Dans un entretien accordé au journal De Standaard, il déclare que pour lui, la solution est la suivant:: "Yvan Mayeur doit changer de ton. Être plus humble, se regarder dans le miroir et se demander: est-ce que ça peut continuer comme ça?"

On critique les décisions de Mayeur mais personne ne vient avec une meilleure idée. Et puis comme Mayeur est dans la tourmente, les mauvaises langues n'hésitent pas à lui rappeler qu'il n'a pas vraiment été élu à Bruxelles. "Il a fait autant de voix à Bruxelles que mon Premier échevin à Bastogne", compare Benoît Lutgen. Mais ces langues de vipères ont-elles vraiment raison après tout?

Mayeur non élu?

Lors des élections de 2012, Yvan Mayeur, qui était à l'époque président du CPAS, obtient 2.662 voix sur la liste de son parti. Il se place en troisième position sur le podium. La première place revient au bourgmestre sortant Freddy Thielemans avec plus de 6.300 voix. Entre les deux, on retrouvait alors l'échevin Faouzia Hariche et ses 2.882 voix. Mais fait étonnant, quand Thielemans remet sa place fin 2013, ce n'est pas cette dernière qui prend sa place. Ça étonne particulièrement les Wallons mais la loi n'est pas tout à fait la même partout et ceci explique cela. Si en Wallonie, le poste de bourgmestre revient à l'élu(e) qui a obtenu le plus de suffrage, ce n'est pas le cas à Bruxelles. Voilà!

Mayeur plus le bienvenu

Depuis quelques temps, les gens se regroupent pour demander la démission du bourgmestre de Bruxelles. Ils veulent le voir partir à tout prix. Et c'est une grande armée de serfs qui s'attaque au seigneur. Plus de 9.000 personnes ont déjà signé la pétition contre Yvan Mayeur. Ce n'est pas rien.

Et à Bruxelles-même, alors qu'il en est le "maître", ses serviteurs ne souhaitent plus vraiment le voir, et encore moins le servir. Cette pression sera-t-elle suffisante à le faire flancher? Pour l'instant, Mayeur s'accroche et n'en démord pas: son piétonnier vivra. Et on pourrait même le voir s'aggrandir. "Qui vivra verra" comme on disait déjà à l'époque... Alors vivons en attendant d'en savoir davantage.

Sources: La Libre, RTBF, de Standaard

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