Une deuxième étude lie 13 reasons Why au suicide des adolescents américains

"13 Reasons Why " a déjà été associée à des taux de suicide plus élevés dans une étude réalisée il y a un mois. Aujourd'hui, une nouvelle étude indépendante réitère le constat. "Les deux études ont en fait trouvé la même chose : une augmentation marquée des suicides chez les adolescents après la publication de la série ", déclare l'un des principaux chercheurs. Netflix conteste les résultats de l'étude et affirme que la série vient en aide à de nombreux jeunes.

13 Reasons Why raconte, dans la première saison, le récit du suicide de l'étudiante Hannah Baker (jouée par Katherine Langford). Via des cassettes audio, elle raconte, après samort, pourquoi elle a décidé de se donenr la mort. La série montre ainsi des comportements d'intimidation très clairs, des abus sexuels et surtout le suicide d'Hannah. En conséquence, elle a été non seulement extrêmement populaire, mais aussi très controversée. Les groupes d'intérêt ont trouvé qu'elle dépassait les limites, tout comme certains experts. Même le groupe qui a fait la bande originale de la série a été critique.

Cependant, Netflix a toujours défendu la série (le CEO Reed Hastings a d'ailleurs déclaré que c'était en effet une série controversée, mais qu'il n'obligeait personne à la regarder), mais à présent, en très peu de temps, deux études sont sorties en montrant une connection claire entre la série et une augmentation dans les taux de suicide.

"La contagion par les médias"

Le mois dernier, le Journal of the American Academy of Child and Adolescnt Psychiatry (JAACAP) publiait une étude qui affirmait que "la sortie de 13 Reasons Why coïncidait avec une augmentation importante du taux de suicide mensuel parmi les jeunes américains, âtés entre 10 et 17 ans."

À présent, à peine un mois plus tard, une étude indépendante de la JAMA Psychiatry confirme ces découvertes. Par exemple, dans les trois mois qui ont suivi la sortie de la série, treize pourcents de plus des 10 à 19 ans avaient commis un suicide. Les chercheurs demeurent vigilants et déclarent que leurs chiffres devraient être examinés "avec prudence", mais qu''il montrent bel et bien une augmentation des suicides qui peut être associé avec une possible contagion par les médias", un phénomène où la couverture médiatique peut mener à une augmentation de certains comportements ou actions, y compris le suicide.

"Les deux études disent la même chose : il y a une augmentation marquée du nombre de suicides chez les adolescents après la sortie de la série fin mai 2017 ", déclare Thomas Niederkrotenthaler, responsable de la deuxième étude et professeur à l'Université de médecine de Vienne. "Il y a donc maintenant des preuves de deux études indépendantes qui sont arrivées aux mêmes résultats."

Pas de conclusions, mais des preuves très fortes

Bien sûr, les chercheurs n'ont pas été en mesure de dire si les jeunes qui se sont suicidés ont réellement regardé la série. Mais les scientifiques de Harvard et de Stanford ont défendu les conclusions et ont déclaré dans un éditorial qu'en dépit de cela, il existe "des preuves très solides".

"Aucune définition, aucune conclusion causale ne peut être tirée de ces données, mais le fait qu'aucune augmentation similaire des taux de suicide n'ait pu être observée dans d'autres groupes d'âge que ceux visés par la série nous fournit des preuves convaincantes que l'augmentation pourrait être attribuée à cette série.

Les chercheurs des deux études espèrent que leurs conclusions encourageront les médias et les télédiffuseurs à être plus prudents dans leur traitement du suicide. Niederkrotenthaler espère donc que l'industrie du divertissement reconnaîtra son influence et encouragera "la recherche d'aide et de guérison" en présentant les pensées suicidaires de manière plus responsable et en adoptant une approche porteuse d'espoir.

Netflix : "La série vient en aide aux téléspectateurs."

Cependant, Netflix conteste les conclusions des deux études. Le créateur de l'émission, Brian Yorkey, et une psychiatre étroitement associée à la production de l'émission, Rebecca Hedrick, ont répondu dans une chronique du Hollywood Reporter vis à vis des allégations. Ils soulignent que le suicide n'a pas une cause évidente et disent que d'autres choses non incluses dans l'étude peuvent avoir mené à cette augmentation.

Ils citent également des exemples de patients de Hedrick qui indiquent que la série leur vient en aide. Un porte-parole de Netflix est allé dans ce sens: "L'émission aborde la réalité inconfortable de la vie de nombreux jeunes d'aujourd'hui et nous avons entendu de leur bouche, et de celle d'experts médicaux, que cela a donné aux téléspectateurs le courage d'en parler et de demander de l'aide.

Cependant, le chercheur Niederkrotenthaler qualifie la réaction de Yorkey et Hedrick d' "insuffisante et décevante". "Netflix a dit qu'ils voulaient entamer une conversation sur le suicide, mais ce qu'ils ont entamé, c'est une conversation sur leur propre responsabilité dans la représentation du suicide en toute sécurité," conclut Niederkrotenthaler.

Si vous avez des questions au sujet du suicide, vous pouvez communiquer avec la ligne d'information sur le suicide de façon anonyme au numéro sans frais 0800 32 123 ou à https://www.preventionsuicide.be/fr

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