Avec ses deux tests de missile en 5 jours, la Corée du Nord fait remonter la tension et titille Donald Trump

Ce vendredi, Pyongyang a annoncé avoir procédé à un nouveau test de frappe "à longue portée", le deuxième en moins d'une semaine. Après plus d'un an d'apaisement avec les États-Unis, la tension a subitement grimpé d'un cran, obligeant Donald Trump à resserrer la vis. 

Ce vendredi, Pyongyang a affirmé avoir procédé à un nouveau test de missile à "longue portée". C'est le deuxième test réalisé en moins d'une semaine. Un changement d'attitude radicale de la part de Kim Jong-un, qui n'avait plus organisé de pareils essais depuis novembre 2017.

On peut imaginer que ce changement de stratégie et cette volonté d'exacerber les tensions est le résultat de la dernière rencontre catastrophique entre le leader nord-coréen et Donald Trump. Les deux chefs d'état s'étaient rencontrés à Hanoï en février dernier mais ne s'étaient pas mis d'accord sur la question du nucléaire. Impossible pour eux de s'entendre sur une levée des sanctions internationales prises contre la Corée du Nord.

Depuis ce fiasco vietnamien, Kim Jong-un semble de nouveau très farouche envers les États-Unis. Il a d'ailleurs remis en cause la bonne foi de Washington et réclamé un changement d'attitude au sein du chef des Américains.

"Personne n'est content"

Donald Trump a déjà réagi à ce nouveau test nord-coréen et il semble un peu blasé: "Personne n'est content de ce qu'il s'est passé" a-t-il déclaré avant de conclure que la Corée du Nord n'était finalement pas prête pour négocier, contrairement à ce qu'il pensait.

En plus, le timing n'était pas forcément bien choisi par Pyongyang car au moment de réaliser ces nouveaux essais, le représentant spécial américain pour la Corée du Nord était à Séoul. Il y réalisait sa première visite depuis l'échec de Hanoï. Tirer un missile pile à ce moment là n'est pas vraiment un signe d'accueil et d'entente, tu en conviendras.

Ce nouvel essai a largement été mis en avant: le Rodong Sinmun, organe de presse officiel du parti au pouvoir, y a consacré sa une et a publié des dizaines de photos du test où l'on aperçoit Kim Jong-un posé dans son abri avec ses jumelles préférées. Si, contrairement à Donald Trump qui évoque des missiles courte portée, Pyongyang parle de "frappe à longue portée", on n'utilise pas les termes "missiles", "fusée" ou "projectile". Comme s'ils avaient quelque chose à cacher. Etrange.

Représailles

Si Donald Trump semblait blasé mais serein, ce n'est pas le cas de son homologue sud-coréen Moon Jae-in qui était aux premières loges en tant que voisin de la Corée du Nord. Selon lui, ces tests représentent "un élément de protestation et un geste de pression pour orienter les discussions nucléaires dans la direction qu'elle [La Corée du Nord] désire (...) Il semble que le Nord soit hautement mécontent du fait que le sommet de Hanoï se soit terminé sans accord." Et pour le montrer, on dirait bien que Kim Jong-un ait une nouvelle fois décidé de passer outre les résolutions de l'ONU.

Comme si ça ne suffisait pas, les USA ont annoncé la saisie d'un cargo de 17.000 tonnes transportant du charbon et autres machines. "Ce navire anti-sanctions est désormais hors service", s'est félicité le vice-ministre américain de la Justice John Demers. "La Corée du Nord et les entreprises qui l'aident à contourner les sanctions des Etats-Unis et de l'ONU doivent savoir que nous utiliserons tous les moyens à notre disposition pour appliquer les sanctions internationales".

Bref, on dirait que la période d'apaisement est terminée et que les deux pays reprennent leur conflit. Un conflit qui ne risque pas de s'arrêter vu les difficultés évidentes pour se mettre d'accord sur le moindre sujet.

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