"Game Over": Donald Trump se croit tiré d'affaire mais il est soupçonné d'entrave à la justice

Ce jeudi soir, le procureur spécial a publié le rapport de son enquête sur l'ingérence russe lors de la campagne présidentielle américaine. Si son implication dans cette affaire n'a pas pu être prouvée, le président n'est pas totalement blanchi pour autant, comme il aime le souligner. Il est en effet soupçonné d'entrave à la justice, et les démocrates s'en frottent les mains. 

Si Donald Trump a pu être blanchi par rapport à son implication dans l'ingérence russe lors de la campagne présidentielle, le président américain est loin d'être tiré d'affaire. Jeudi soir, le procureur spécial chargé de l'enquête Robert Mueller a indiqué "ne pas être en mesure" d'écarter les soupçons d'entrave à la justice qui pèsent sur Donald Trump.

"Si nous étions sûrs, après une enquête rigoureuse, que le président n'a clairement pas commis d'entrave à la justice, nous le dirions. Sur la base des faits et des standards légaux applicables, nous ne sommes pas en mesure de prononcer ce jugement", écrit Robert Mueller dans son rapport.

Concrètement, le président est soupçonné d'avoir cherché à limoger Robert Mueller au début de son enquête. Le 17 juin 2017, le président américain a "ordonné" au chef des services juridiques de la Maison Blanche, Don McGahn, d'accuser Robert Mueller de "conflits d'intérêt" et de demander "sa révocation". Selon Mueller, McGahn aurait refusé. Il existe également "des preuves substantielles" qui montrent que le président aurait évincé l'ancien directeur du FBI James Comey car il aurait refusé de nier que Trump était visé par une enquête.

"Game over"

Pourtant, malgré toutes ces déclarations de Robert Mueller, le président Donald Trump se sent tiré d'affaire. Quelques instants avant la publication du rapport, le ministre américain de la Justice William Barr donnait une conférence de presse. Il y a expliqué que le procureur spécial n'avait trouvé aucune preuve permettant d'accuser le président d'entrave à la justice. Visiblement, le ministre a une interprétation différente du rapport.

"Le gouvernement russe a essayé d'interférer dans notre processus électoral mais grâce à l'enquête minutieuse du procureur spécial, nous savons que les agents russes qui ont entrepris ces desseins n'ont pas reçu l'aide du président Trump ou de la campagne Trump", a-t-il déclaré devant les journalistes.

Dans la foulée, Donald Trump a commencé à fanfaronner sur Twitter en publiant une photo en mode Game of Thrones. "Pas de collusion. Pas d'entrave (à la justice). Game over" peut-on lire sur une photo postée sur son compte Twitter.

Mais dans le rapport, on apprend également que le président était en panique quand l'enquête a été lancée. Dans le rapport, on apprend comment le président a réagi en 2017 quand l'enquête a commencé: "Oh mon Dieu. C’est terrible. C’est la fin de ma présidence. Je suis foutu" avait-il dit à Jeff Sessions à l'époque ministre de la Justice. Il s'était alors écroulé dans son fauteuil, si l'on se fie aux notes prises par le directeur de cabinet de Sessions.

Impartialité

Vu les deux sons de cloche différents émanants de Robert Mueller et du ministre de la Justice, on est un peu perdu. Le clan démocrate accuse donc le ministre de la Justice, nommé par Donald Trump, de ne pas être impartial dans cette histoire. les démocrates sont d'ailleurs convaincus que William Barr et le président ont œuvré ensemble pour dissimuler des actes à mettre au passif du président.

Les démocrates n'ont pas dit leur dernier mot et compte bien utiliser leur contrôle de la chambre basse du Congrès pour relancer les poursuites envers Donald Trump."Même dans sa version incomplète, le rapport Mueller met en évidence des preuves inquiétantes montrant que le président Trump a fait entrave à la justice", écrit M. Nadler, chef de la puissante commission judiciaire de la Chambre des représentants, qui a le pouvoir de lancer des enquêtes parlementaires.

Le parti démocrate a d'ores et déjà demandé à Robert Mueller de venir témoigner à la Chambre des représentants pour présenter sa version des faits qui semble bien différente de celle présentée par le ministre de la Justice. Alors Game Over, vraiment? Visiblement non.

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