Jan Jambon (N-VA), candidat Premier ministre, va s'adresser aux francophones dans un message vidéo

La N-VA fait tout pour placer Jan Jambon comme candidat Premier ministre. Nouvelle preuve lors de la présentation du programme économique du parti. Les nationalistes mettent en avant un "homme d'Etat" qui est "prêt" à "assumer ses responsabilités". Demain, il s'adressera directement aux francophones dans un message vidéo, dans la langue de Molière.

Si en 2014, c'était le président de la N-VA Bart De Wever qui s'adressait aux "concitoyens francophones", cette année, le parti nationaliste change de stratégie et célèbre son candidat Premier ministre: Jan Jambon. "Nous avons enregistré un message vidéo à destination des francophones, nous le diffuserons demain", a-t-il déclaré à newsmonkey.

Cette vidéo s'inscrit parfaitement dans la dans les nouveaux plans de la N-VA: présenter Jan Jambon comme un homme d'État, pour diriger la Belgique et pas uniquement la Flandre. Les nationalistes pensent avoir trouvé en Jan Jambon une figure rassurante des deux côtés de la frontière. Le but est on ne peut plus clair: poursuivre un gouvernement de centre-droit.

"Si j'ai la chance de devenir Premier ministre, je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour lever les freins fédéraux qui inhibent le marché du travail. Très concrètement, il faut revoir le régime des retraites anticipées, limiter le chômage dans le temps et assouplir la législation sur le travail. Ce ne sont pas des mesures radicales, c'est abordable, on n’est pas dans la fiction. Ce sont en tout cas des points que nous défendrons à la table des négociations", a poursuivi l'ancien ministre de l'Intérieur.

"En tant que Premier ministre..."

Reste à voir si ces propositions sont vraiment réalisables sur le plan comptable. En 2014 déjà, lors de la formation de Michel Ier, la N-VA avait proposé un budget à l'équilibre. Les chiffres n'arriveront que dans une semaine, lorsque le Bureau du Plan étudiera la faisabilité économique du programme de la N-VA, au même titre que les autres partis d'ailleurs.

"En tant que Premier ministre, je veillerai à ce que nous ne nous arrêtions pas après les deux tiers du trajet. Que tout n'explose pas en plein vol. Nous allons travailler pour cinq ans. Et pour rester silencieux, il faut du leadership, je suis donc prêt à prendre la tête du gouvernement", a indiqué Jan Jambon, non sans adresser un tacle à son prédécesseur Charles Michel. Sa "marionnette"?

Le grand dilemme des francophones

Mais le programme socio-économique de la N-VA doit toujours se lire comme une invitation aux libéraux francophones. Le but de la N-VA est toujours de gouverner avec le MR. Ses cibles sont elles connues: Ecolo et le PS. "Nous devons donner un coup de pouce à l'économie par le biais de la politique de centre-droit. Nous ne devrions pas être obligés de subir le film d'horreur proposé par le tandem PS-Ecolo", a déclaré Johan Van Overtveldt (N-VA), ancien ministre des Finances, qui accompagnait Jambon lors de la présentation.

Le ministre du Travail flamand, Philippe Muyters (N-VA), poursuit dans le même sens: "La vérité est que le taux d'emploi doit être augmenté pour l'ensemble du pays. Mais s'ils veulent introduire la taxe sur les robots en Wallonie avec le PS et Ecolo, s'ils veulent installer une semaine de travail de quatre jours, et quoi d'autre encore, c'est à eux d'en payer le prix. Notre proposition est très raisonnable. Il n'y a rien d'extrême qui pourrait repousser les partenaires au fédéral."

"Si la Wallonie se retire à gauche, nous préconiserons le confédéralisme. Mais si cela est possible, nous continuerons avec la politique de centre-droit", a répété Jan Jambon. La porte est ouverte au MR (voire au cdH). C'est le sens que prendra le message vidéo, en français, qui sera délivré demain: votez à gauche, ce sera le chaos. Votez à droite, ce sera la poursuite des réformes économiques. Et ce même si la N-VA devrait y mettre les formes.

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