Ce lundi, Londres va lancer une grande opération pour devenir une zone à très faibles émissions de CO2

Selon une récente étude, 1.000 londoniens sont admis chaque année à l'hôpital pour de l'asthme causé par la pollution de l'air. Les autorités londoniennes veulent combattre ce phénomène en faisant de la capitale britannique une zone de basse émission de CO2. Pour y arriver, cela passe par des taxes infligées aux véhicules polluants mais pas que. 

Lundi, un énorme chantier va commencer à Londres. Pas question de construire quoi que ce soit, non c'est bien plus compliqué que ça. La capitale britannique veut en effet s'attaquer à la pollution qui fait tant de victimes chaque année. En effet, selon une étude toute récente, 1000 personnes sont hospitalisée chaque année à cause de l'air toxique qui plane sur la ville.

Alors, le maire de la ville Sadiq Khan veut que sa ville devienne une zone d'émission ultra-basse. Mais comment s'y prendre, surtout dans une ville aussi gigantesque que Londres? Facile: réduire le traffic au sein de la ville. Et cela passe par des taxes infligées aux véhicule qui désirent circuler dans les rues londoniennes.

Ainsi, chaque voiture désireuse de rentrer dans Londres devra payer la somme de 12,50 livres, autrement dit 14,50 euros auxquels il faut ajouter le prix du péage urbain mis en place en 2003. En tout, il faudra payer 24 livres (28 euros) pour circuler à Londres. Cette taxe ne concerne pas les véhicules les plus propres comme les électriques. Cette taxe ne compte que pour 24h, une fois ce délai expiré, il faut de nouveau payer les 14,50 euros. Selon le maire de Londres, cette mesure permettrait de réduire de 45% le traffic routier de la capitale.

Certaines conditions

Cette nouvelle taxe ne concernera en fait que certains véhicules: les voitures et camionnettes aux moteurs diesel qui ne sont pas certifiés conformes à la dernière norme Euro 6 lancée en 2015. Les véhicules à essence vieux d'au moins 14 ans sont également concernés. Les bus, autocars et camions non conformes devront eux payer 100 livres soit 116 euros.

Ce n'est qu'une première étape. La mairie a annoncé que dès 2021, les résidents londoniens seront eux aussi concernés, surtout ceux possédant des véhicules très polluants. Lorsque la zone de basse émission s'étendra à toute la ville, même les périphéries nord et sud (voir graphique ci-contre), 640.000 véhicules entreront dans la zone. Et parmi eux, environ 135.000 seront soumis à la taxe.

D'autres villes anglaises vont aussi s'y mettre: Leeds, Manchester ou encore Birmingham. La maire adjointe à l'Environnement de Londres Shirley Rodrigues parle de justice sociale quand elle aborde la pollution: "Les plus pauvres sont les moins susceptibles de posséder une voiture, mais plus susceptibles de vivre dans une zone très polluée." Actuellement dans la capitale anglaise, 2 millions de personnes dont 400.000 enfants vivent dans des zones où la qualité de l'air dépasse les limites légales en matière de dioxyde d'azote. En Europe, d'autres villes ont lancé de tels projets comme Bruxelles mais pas de manière aussi radicale que Londres. Chez nous, on parle de zone à basse émission tandis qu'à Londres, c'est carrément une zone à "très faibles émissions".

Déjà lu?