Il sera (enfin) moins facile de s'acheter une arme en Nouvelle-Zélande

Après l'attentat terroriste dans deux mosquées de Christchurch, la Première ministre néo-zélandaise Jacinda Ardern a déclaré: "notre loi sur les armes va changer". La décision a été acceptée par le gouvernement ce lundi.

50 morts et des dizaines de blessés causés par un seul homme de 28 ans. Cette attaque terroriste s'est produite vendredi à Christchurch, en Nouvelle-Zélande, et elle a directement relancé le débat sur les armes. "L'attaque terroriste de vendredi était le pire acte de terrorisme sur nos côtes", a déclaré le cabinet de la Première ministre.

Dans ce pays, acheter une arme est, en comparaison avec l'Europe, très facile. Il suffit d'obtenir un permis sur base d'une présentation de ses raisons (club d'amateurs de tirs, chasse, tirs sportifs...) pour avoir accès à des semi-automatiques.

Juste après la tuerie, la Première ministre néo-zélandaise Jacinda Ardern a affirmé que leur législation sur la possession d'armes allait changer. "Dans les dix jours qui ont suivi ce terrible acte terroriste, nous aurons annoncé des réformes qui, je pense, renforceront la sécurité de notre communauté", a-t-elle déclaré lors d'une conférence de presse.

Rôle des armes

Brenton Tarrant va maintenant passer au tribunal pour avoir abattu froidement des dizaines de personne. Le terroriste est parvenu à obtenir un permis standard de "catégorie A" en novembre 2017. Ce qui lui a permis d'acheter en ligne quatre armes en quatre mois, selon l'armurier Gun City. Mais l'armurier se défend de lui avoir vendu le puissant automatique avec lequel il a perpétré son attentat.

L'association des polices de Nouvelle-Zélande a demandé à ce que les armes semi-automatiques soient interdites. "Nous ne pouvons pas ignorer le rôle des armes à feu dans ce massacre", a indiqué le président de l'association Chris Cahill dans un communiqué de presse.

La Nouvelle-Zélande veut suivre l'exemple de l'Australie. En 1996, suite au massacre de Port-Arthur faisant 35 morts, l'Australie a voté pour une quasi-interdiction de la possession privée de fusils semi-automatique. Le gouvernement a racheté quelque 650.000 armes, ce qui a permis de réduire de près d’un tiers la taille de l’arsenal civil du pays.

45.000 demandes en 2017

Mais pour que cela fonctionne en Nouvelle-Zélande, le gouvernement et les associations vont devoir lutter contre le puissant lobby des armes à feu. Les précédentes tentatives de durcir les lois sur les armes à feu ont toutes échoué à cause de ce lobby et de la culture de la chasse encore très prégnante. En 2017, l'année où Brenton Tarrant s'est procuré ses armes, la police a approuvé 99,6% des près de 45.000 demandes de port d'armes.

En Nouvelle-Zélande, tu peux obtenir un permis de port d'arme dès l'adolescence. À l'exception des semi-automatiques qui ne peuvent être achetés qu'à partir de 18 ans, tu peux légalement acheter un certain nombre de fusils dès tes 16 ans. Le pays n'a plus modifié sa loi sur les armes à feu depuis 1992. Près de 250.000 Néo-Zélandais sont titulaires d'une licence d'armes à feu et on estime à 1,5 million le nombre d'armes en circulation, ce qui représente une arme pour trois habitants.

Pour une réforme

"Il n'y a pas de place pour le lobby radical des armes à feu dans le débat à venir", poursuit l'association des polices de Nouvelle-Zélande. "Nous avons vu ce qu'il se passe aux États-Unis lorsqu'il y a des radicaux armés. Rien. Cela n'est pas suffisant pour la Nouvelle-Zélande".

Au sein de la population néo-zélandaise, l'esprit est le même. Il n'y aura pas d'opposition à une réforme plus sévère de la loi sur les armes à feu, affirme Max Roberts, un habitant de Christchurch qui utilise des armes à feu pour chasser. "Il n'y a pas de mouvement en Nouvelle-Zélande pour cela. Nos médias et notre politique sont plus à gauche."

D'autres espèrent que cette loi obligera les futurs propriétaires d'armes à feu à passer des tests psychologiques. "Le problème vient des personnes derrière le pistolet. Un pistolet ne peut pas se lever et vous tirer dessus. Le problème vient de la mentalité de la personne", conclut la tireuse sur cible Mme Pomana.

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