L'UE et May ajustent l'accord sur le Brexit juste avant un vote crucial au Parlement britannique. Mais est-ce suffisant?

La Première ministre britannique Theresa May a convenu avec le président de l'UE, Jean-Claude Juncker, de modifier son accord sur le Brexit. De la sorte, elle espère que ses projets relatifs au Brexit seront soutenus si l'accord est voté au Parlement britannique ce mardi. Mais tiendra-t-il la route? Un opposant de premier plan l'a déjà qualifié de "rouge à lèvres sur un cochon".

L'Union européenne offre au Royaume-Uni des "garanties juridiquement contraignantes" concernant la gestion de la frontière irlandaise au sein de l'accord sur le Brexit. L'UE et le gouvernement britannique sont parvenus à un accord sur le "backstop", le filet de sécurité destiné à garantir que la frontière entre l'Irlande du Nord et l'Irlande reste ouverte lorsque le Royaume-Uni quittera l'UE.

L’Union européenne a indiqué à May qu'elle ne souhaitait pas que le "backstop" soit appliqué et espère négocier sur le futur partenariat immédiatement après la signature de l'accord de retrait.

L''accord initialement signé par la Première ministre May et l'UE a été rejeté par le Parlement britannique en janvier. On craignait que le filet de sécurité ne soit une mesure permanente, forçant les Britanniques à s'unir avec l'Union européenne au fil des ans par le biais de l'ouverture située à la frontière avec l'Irlande.

Deux déclarations se sont maintenant ajoutées à l’accord qui existait déjà. La première est une déclaration commune. La seconde vient de la part du gouvernement britannique, à l'effet que les Britanniques se réservent le droit de prendre des mesures unilatérales pour empêcher les Britanniques de se faire prendre au piège dans une union douanière.

Deuxième chance

Aujourd'hui, le Parlement britannique doit à nouveau se prononcer sur l'accord de Brexit. La Première ministre May a déclaré lors de la conférence de presse conjointe avec le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, qu'elle avait négocié tous les points importants et qu'il ne restait plus rien à traiter. Juncker, pour sa part, a assuré qu'il s'agissait du meilleur résultat possible. "Nous donnons une deuxième chance à l'accord. Mais il n'y aura pas de troisième chance. Il n'y aura pas de nouvelles négociations. C'est tout."

La question est de savoir si ces nouveaux accords seront suffisants pour convaincre le Parlement britannique de voter en faveur du plan de May. Selon cette dernière, ces déclarations répondent aux objections du parlement, mais le chef de l'opposition, Jeremy Corbyn, du parti travailliste, estime que May a échoué dans les négociations et qu'elle n'a pas réussi à apporter les changements promis au parlement.

"Rouge à lèvres sur un cochon"

Mike Penning, un membre du parti de May et partisan du Brexit, s'est dit convaincu et votera pour l'accord ce soir. De nombreux autres parlementaires conservateurs ont préféré ne pas encore s'exprimer et souhaitent d'abord étudier les nouveaux accords. La plupart d'entre eux a réagi avec scepticisme. L'un d'entre eux, Stev Baker, a même qualifié les modifications apportées au texte de "rouge à lèvres sur un cochon".

Si May ne parvient pas à faire valider son accord pour la deuxième fois, elle a promis qu'un autre vote aurait lieu pour une sortie de l'Union sans accord. Si le Parlement ne veut pas d'un "no-deal Brexit", un vote supplémentaire aura lieu le jour suivant, cette fois sur un nouveau report du Brexit.

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