Bolsonaro compare les carnavals brésiliens à une Golden Shower, puis il se fait incendier

Une grande partie des Brésiliens estime que le carnaval fait partie de leur identité. Et une grande partie de la planète associe le carnaval au Brésil. Or, il a fallu que l'homme élu à la tête de ce pays, Jair Bolsonaro, vienne souiller cette tradition. Forcément, c'est mal passé.

Jair Bolsonaro n'est pas surnommé le "Trump des Tropiques" pour rien. Le président brésilien partage avec son homologue américain cet esprit conservateur, bourrin, violent et irrespectueux. Mais surtout, les deux hommes utilisent Twitter comme des trolls adolescents, ce qui leur vaut à chaque fois d'être détestés par une grande partie de la population.

Dernière couillonnade magistrale en date pour l'homme à la tête du Brésil? Réduire le carnaval à une "Golden Shower". Sur Twitter, le président brésilien a partagé une vidéo de trois hommes bourrés comme des ânes qui s'adonnent à des pratiques sexuelles extrêmement cochonnes en public. "Je ne me sens pas à l'aise pour montrer ça (...) mais voici ce qu'est devenu le carnaval brésilien", écrit le président.

Dans la vidéo partagée, on voit un homme se mettre un doigt dans l'anus, puis un deuxième vient lui pisser sur la tête. Bref, un débordement très très sale, d'autant plus qu'il avait lieu sur le toit d'un abribus, devant la foule des carnavaliers.

Non représentatif

Un grand nombre d'utilisateurs de Twitter a d'abord été choqué de voir qu'un président partage ce genre de vidéos relevant plus du fait divers que d'une réalité sociologique. Puis, des journalistes, des personnalités publiques et un tas d'autres individus lui ont rétorqué que cette capsule n'était pas du tout représentative du carnaval brésilien, cette fête extrêmement populaire qui draine des millions de gens dans les rues des différentes villes du pays.

"J'ai passé tout un carnaval à voir tant de belles choses", écrit par exemple Astrid Fontenelle, célèbre présentatrice pour la télévision brésilienne. "Et ensuite, je tombe sur ÇA sur le compte twitter du président de la république qui doit être suivi par de nombreux enfants ???! Où est passé le président? "

"Vous êtes pathétique", lui répond le sénateur travailliste Humberto Costa. "Il y a un Brésil entier dans les rues qui s'oppose à vous. Voici ce qu'a montré le Carnaval. Votre tentative de minimiser ce rejet à votre encontre est inutile. Nous sommes la résistance."

"Golden Shower"

Suite à son tweet polémique, une foule de hashtag a envahi le Twitter brésilien: #ImpeachmentBolsonaro, #GoldenShowerPresident ou encore #EiBolsonaroVaiTomarNoCu. Il faut croire que l'un d'entre eux a éveillé la curiosité de Bolsonaro puisque, quelques heures après la diffusion de la vidéo, l'homme remet le feu aux poudres. "C'est quoi une Golden Shower?", interroge le 35ème président du Brésil sur son compte Twitter.

Les réponses ont fusé plus rapidement qu'une salve de feux d'artifices au-dessus du Christ de Rio de Janeiro. "C'est une pratique fétichiste de certains individus qui survient lorsque - avec consentement - l'un pisse sur l'autre. C'est différent de votre gouvernement qui chie sur la tête de tous les Brésiliens", a envoyé le Youtubeur Pedro HMC.
"Golden Shower = pluie de demandes de désistement pour malhonnêteté et saloperie", réplique Mara Telles, professeure d'université et experte en politique.
"Qui aurait pu croire que Dilma allait me manquer", ajoute cet internaute.

Un carnaval politisé et contre Bolsonaro

Que s'est-il passé dans la tête du président? Selon différents observateurs, les carnavals brésiliens n'ont jamais été aussi politisés que cette année. Des cortèges d'indiens d'Amazonie venus défiler pour protester contre la destruction de la forêt tropicale aux chars LGBT dont la cause a été retirée du Ministère des droits de l'Homme, tous avaient des raisons de politiser leur procession. Observés par des milliers de gens, ils avaient à travers leur mise en scène l'occasion unique de dénoncer la gestion politique du chef d'État.

Bolsonaro est actuellement entaché par des scandales de corruption concernant sa femme et son fils. Les deux auraient eu affaire à des "travailleurs fantômes", soit des individus ayant été rémunérés tout en occupant une fonction factice. Au Brésil, le mot utilisé pour parler des "travailleurs fantômes" est "orange". C'est la raison pour laquelle on a vu de nombreuses "oranges" défiler ces derniers jours dans les rues du Brésil. Une image que le président aurait sans doute préféré ne pas voir.

"De nombreux déguisements de protestation parmi les fêtards de l'Orchestre Volant. Il y a de l'orange à n'en plus finir."

Mais le signe de protestation qui était le plus important était sans doute ces centaines d'individus qui levaient leur majeur ensemble en indiquant à Bolsonaro qu'il pouvait l'enfoncer très profond dans son anus.

"Le Brésil t'aime"

"Bolsonaro va prendre dans le cul", crient les manifestants.

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