#EntenduALaRédac : nouvelles accusations de violences sexuelles dans les médias français

Après l'épisode de la Ligue du LOL, une large enquête a été menée au sein des médias français pour dénicher les comportements sexistes et les violences sexuelles. Baptisée #EntenduAlarédac, elle dresse un portait peu reluisant de la profession. 

Ceux qui pensaient que la Ligue du LOL était un agissement isolé sont bien loin du compte. Comme le reste de la société, le monde du journalisme n'est bien sûr pas épargné par les comportements sexistes et les violences sexuelles.

Chiffres sans appel

C'est maintenant chiffré: l'enquête en ligne #EntenduAlarédac a été menée auprès de 1800 journalistes et étudiants en journalisme. Des comportements nauséabonds ont été recensés dans plus de 200 rédactions. 83% des sondés déclarent avoir été victimes ou témoins d'au moins un agissement sexiste dans le cadre de leur travail, rapporte le Huffington Post.

Parmi eux, 199 personnes ont été victimes d'agression sexuelle (188 femmes) dont deux cas de viol. Seul bémol à l'enquête, l'échantillon n'est pas tout à fait représentatif de la profession, car 76% des répondants ont moins de 40 ans et 80% sont des femmes. Ce qui ne veut pas dire que le phénomène est à minimiser, au contraire.

Parmi les autres enseignements, on retiendra que les violences sont "plus fréquentes à la télévision que dans les autres médias" et "plus fortes vis-à-vis des femmes racisées et des hommes homosexuels". Les pigistes et les stagiaires représentent également un groupe cible.

Gros problème: ses violences ne remontent pas dans la hiérarchie. "Les rédactions citées dans l'enquête ne disposent d'aucun système efficace de remontée d'information en cas de violences. Dans 83% des cas, les faits de harcèlement sexuel ou d'agression sexuelle ne remontent pas aux RH (ressources humaines) ou à la direction", notent les collectifs derrière l'enquête (NousToutes, Prenons la Une et Paye Ton Journal). Et quand l'information remonte, elle n'est pas traitée correctement dans 60 à 70% des cas.

Un cas de plus au Monde

Les conclusions de cette enquête arrivent alors qu'un journaliste du Monde fait l'objet d'une plainte de la part de 8 femmes, pour la plupart des attachées de presse. Elles accusent le journaliste d'avoir envoyé des photos de nu en 2016 et 2017, rapporte Libération. Elles portent plainte pour des faits de "harcèlement sexuel" et de "violences psychologiques".

Dans un communiqué, le journal dit avoir mis à pied le journaliste concerné dont le nom n'a pas été révélé. Selon la famille, il serait hospitalisé depuis plusieurs semaines, car il est atteint d'une maladie neurodégénérative. "Il existe une forte présomption à l'égard du traitement médicamenteux suivi par le salarié et qui pourrait être la cause de tout ou partie de ses agissements", a précisé le directeur du Monde Jérôme Fenoglio à 20 Minutes. "C'est poussé par l'action de ces substances qu'il a envoyé ces messages inappropriés à plusieurs femmes", a écrit sa compagne dans un mail transmis à Libération.

Du côté des plaignantes, "on ne veut pas de lynchage public, juste que la honte change de camp".

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