Aux Etats-Unis, on peut maintenant se faire prescrire un spray à la kétamine pour lutter contre la dépression

L'eskétamine est un spray nasal qui est présenté comme une révolution dans le traitement de la dépression. Un substitut au Prozac, qui n'a plus d'effets chez certains patients.

Après le traitement à la MDMA en Israël, un nouveau médicament à base de kétamine va pouvoir être prescrit aux États-Unis. La très sérieuse Agence américaine du médicament (FDA) a donné son feu vert le mardi 5 mars 2019.

Les patients dont la dépression résiste aux molécules actuellement disponibles peuvent compter sur l'eskétamine. C'est le laboratoire Janssen qui regroupe les activités pharmaceutiques de Johnson & Johnson qui commercialisera ce nouveau traitement sous le nom de Spravato. "Une évolution majeure dans le traitement de la dépression", souligne auprès de l'AFP le docteur Pierre de Maricourt, chef de service de l'hôpital Sainte-Anne à Paris

800.000

La dernière évolution majeure dans le traitement de la dépression remonte à 30 ans, avec l'introduction de la fluxoétine (Prozac). Cela faisait donc un certain temps. L'eskétamine aide à lutter contre la dépression et prévient les pensées suicidaires, si l'on en croit le laboratoire.

Un nouveau traitement plus que nécessaire. D'après les chiffres de l'OMS, 300 millions de personnes souffrent de dépression dans le monde, à différencier avec la déprime passagère. Chaque année, près de 800.000 personnes meurent en se suicidant. La dépression est même la deuxième cause de mortalité chez les 15-29 ans.

Effets secondaires

L'eskétamine a l'avantage d'agir beaucoup plus vite que les molécules existantes sur le marché. Mais elle n'est pas dénuée d'effets secondaires. Car la kétamine, à la base, est utilisée comme drogue récréative menant à un sentiment d'euphorie et à un sentiment de dissociation, soit l'impression de sortir de son propre corps. Un effet qui s'estompe dans l'heure, c'est pourquoi le médicament devrait être administré uniquement dans le cadre d'un hôpital, sous surveillance.

L'utilisation ne peut dépasser deux inhalations par semaine, ce qui limiterait les risques d'addiction. De tels risques n'ont pas été observés durant les tests cliniques. Pas de quoi convaincre Kim Witczak, représentante des consommateurs dans le panel de la FDA, par contre, pour qui les tests ne sont pas suffisants pour démontrer que l'eskétamine a plus de bénéfices que d'inconvénients sur la maladie.

Le laboratoire Jansen a fait la demande auprès de l'agence européenne pour commercialiser son médicament chez nous.

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