Torrent de haine contre Decathlon qui renonce finalement à son hijab de course

La France va mal. C'est ce qu'on ne peut que constater suite à la décision de Décathlon de renoncer à vendre des hijabs de running pour ses clientes musulmanes. L'entreprise française a reçu plus de 500 messages de haine depuis ce matin et a cédé sous la pression.

"L'argent n'a pas d'odeur, vous trahissez les valeurs de la République française, honte à vous de contribuer à l'invasion islamiste. Vous finirez avec la racaille dans les fours en Pologne": voici le genre de messages que reçoit Décathlon depuis son annonce. Et on vous a épargné les fautes d’orthographe.

Car après Nike et H&M, Décathlon avait décidé de vendre des hijabs de course à pied à ses clientes musulmanes. Cet "accessoire initialement développé et commercialisé au Maroc, à la demande de pratiquantes locales de course à pied, sera disponible en France et partout dans le monde dans les magasins", avait indiqué le porte-parole de la marque.

Après les réactions politiques pour la plupart négatives, de gauche comme de droite, ce fût au tour des réseaux sociaux de se saisir d'un débat qui fait rage en France.

Décathlon a donc tenté de s'expliquer face à ceux qui accusaient la marque de renier ses valeurs: "Rassurez-vous, nous ne renions aucune de nos valeurs. Nous avons toujours tout fait pour rendre la pratique du sport plus accessible, partout dans le monde. Ce hijab était un besoin de certaines pratiquantes de course à pied, et nous répondons donc à ce besoin sportif."

Dans un autre tweet, Décathlon a même dû appeler au calme: "Mais il est temps d’appeler au calme et à la mesure sur le sujet : les insultes et les menaces verbales ou physiques n’ont pas lieu d’être. On vous demande de conserver une forme respectueuse dans vos échanges avec nos équipes. Merci d'avance!"

Renoncement

Et puis la décision est tombée. Le porte-parole a déclaré dans la soirée au micro de RTL que Decathlon ne vendrait finalement pas ces hijabs "à l'heure qu'il est". La pression était visiblement trop forte.

Bien sûr, il s'agissait d'une histoire de gros sous pour Décathlon, avec un marché potentiel énorme. Les valeurs de l'entreprise n'ont rien à voir là-dedans et le but de la marque n'était pas de défendre les femmes musulmanes.

Mais en France, comme en Belgique d'ailleurs, le hijab est souvent vu comme un objet de privation de liberté pour la femme, soumise aux hommes. Une problématique que l'on rencontre moins dans le monde anglo-saxon (Canada, Royaume-Uni, Etats-Unis...) qui met la liberté individuelle au-dessus de toutes les libertés.

Nous ne réglerons pas le débat ici et ce n'est d'ailleurs pas notre intention. Mais ce torrent de haine est symptomatique des réseaux sociaux et symbolise une société française on ne peut plus divisée.

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