Charleroi vote pour des transports gratuits et va voir si c'est faisable

Le conseil communal de Charleroi a adopté lundi soir une motion déposée par Ecolo et le PTB demandant à ce que les transports en commun soient gratuits. La volonté est en marche, reste à voir maintenant comment cela va s'appliquer au niveau du Tec.

Tout d'abord, il faut savoir que la gratuité a un coût. Si les Carolos ne devront plus payer pour emprunter les transports en commun (bus et métro), quelqu'un devra continuer à régler les frais de gestion. "Ça coûtera 6 millions [d'euros] d’après nos calculs", affirmait lundi soir Sofie Merckx (PTB) à la Dernière Heure. "Ce qui est tout à fait finançable".

La question a été négociée lundi soir au conseil communal de Charleroi. La motion commune poussée par Ecolo (au sein de la majorité) et PTB (dans l'opposition) a finalement été adoptée. Maintenant que le politique est chaud, reste à voir si c'est possible. Première étape: lancer une étude de faisabilité. "Il y a quelques mois, notre idée était mal accueillie par les partis traditionnels. Aujourd’hui notre ville s’engage à sérieusement étudier la question. C’est une avancée incontestable", s’enthousiasme Sofie Merckx au micro de Télésambre.

Le climat

L'argument poussé par les défenseurs de la gratuité est le climat. Cette mesure venait au milieu d'un paquet d'autres visant à soutenir les étudiants et les citoyens qui marchent pour la planète et à améliorer la mobilité carolorégienne. Mais ça ne se fera pas d'un coup de baguette magique. Car, comme tempérait Ecolo hier soir, "ça dépend largement du Tec, pas de la Ville".

L'échevin Ecolo de la transition écologique Xavier Desgain espère d'ailleurs recevoir l'aide de la région wallonne pour financer ce "plan climat" global dans lequel est inclus ce projet de gratuité des transports en commun. Comme il l'explique à Télésambre, "ce n'est pas la ville toute seule qui parviendra à le faire".

Mesure populaire

Notons que la gratuité des transports est une idée que l'on retrouve dans le programme du PTB et que le co-président d'Ecolo a également défendu lundi. C'est une mesure qui essaime un peu partout en Europe - le Luxembourg va être le premier pays à l'adopter en 2020 - et qui, assurément, sera au coeur des élections de mai 2019.

Rappelons que la ville d'Hasselt, en Flandre, avait tenté le coup en 2013 avant de finalement se rétracter. Mons avait également mis en place des bus gratuits en 2016 pour finalement abandonner l'idée. Reste donc à voir si cette mesure est faisable à Charleroi et si elle dépasse le simple argument électoral.

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