Jeu de chaises musicales au MR: Michel à la présidence, Chastel à l'Europe et Reynders au fédéral

C'est à l'issue du Conseil du parti que la décision a finalement été prise: les têtes de liste du MR pour la prochaine échéance électorale sont connues. Avec une surprise de taille puisque le Premier ministre (re)devient président du parti. Une double casquette déjà critiquée par l'opposition.

Le suspense est terminé. Les électeurs libéraux savent maintenant à quoi s'en tenir en vue des prochaines élections (fédérales, régionales et européennes). Charles Michel reprend la présidence du MR à Olivier Chastel. Il se présentera néanmoins au fédéral dans le Brabant wallon.

Tous au poste!

Le Carolo est lui transféré au niveau européen et quitte son rôle de n°1 du parti pour "se consacrer pleinement à la campagne européenne". Au niveau fédéral, Didier Reynders est confirmé à Bruxelles où il prend la tête de liste devant Sophie Wilmes, l'actuelle ministre fédérale du Budget. Au niveau régional par contre, c'est Françoise Schepmans qui mènera la liste devant Vincent Dewolf, autre figure bruxelloise bien connue. La première est l'ancienne bourgmestre de Molenbeek, le second est le bourgmestre d'Etterbeek depuis... 1992.

À Liège, Philippe Dodrimont tirera la liste régionale et Daniel Baquelaine la fédérale. Dans le Hainaut, ce sera - welcome back - Jacqueline Galant (Mons) et Jean-Luc Crucke (Tournai-Ath-Mouscron), entre autres, tandis que Denis Ducarme tirera la liste fédérale avec Marie-Christine Marghem. Dans le Luxembourg, le MR pourra compter sur Willy Borsus et François Bellot tandis que Benoît Piedboeuf tirera la liste fédérale. Rôle qu'aura David Clarinval dans circonscription namuroise.

"Premier ministre à mi-temps"

La double casquette du Premier ministre, qui continuera à exercer sa mission en affaires courantes jusqu'à la fin de la législature, dérange dans l'opposition. Zakia Khattabi (Ecolo) se demande ce qu'il reste de la neutralité du Premier ministre, chef de gouvernement de tous les Belges: "On avait déjà un demi-gouvernement, nous voilà avec un Premier ministre à mi-temps. Quand on exige légitimement des fonctionnaires une apparence de neutralité, comment comprendre et accepter que la Belgique est désormais, officiellement et formellement, dirigée par le chef du MR ?"

Pour la coprésidente des Verts francophones, il reste des dossiers à achever, notamment la loi Climat, proposée par le secteur académique et déposée par Ecolo/Groen justement: "Nous attendons donc maintenant que le nouveau Président du MR mette tout son poids pour convaincre le… Premier ministre, et que le changement s'amorce enfin pour répondre aux préoccupations des générations actuelles et futures !"

Pour quel programme?

Ce à quoi Charles Michel répond: "Je vais continuer à tout faire, je suis totalement mobilisé dans l'intérêt du pays et j'ai une haute idée de la responsabilité de Premier ministre. Mais les élections, c'est un nouveau chapitre qui s'ouvre et j'entends bien continuer à être très engagé pour l'avenir du pays et de ses Régions." Une période de flou politique? Au contraire, pour le Premier ministre "c'est un moment de clarté sur les projets que nous voulons, y compris au MR, pour l'avenir, pour la stabilité."

Reste aux libéraux à établir ce programme justement. Il devrait être consultable sur le site du MR ce 20 février. Deux consultations sont également prévues avec les citoyens le 24/02 à Namur et le 28/02 à Bruxelles. Le Premier ministre brandit le spectre du confédéralisme et assure que "le séparatisme, c'est un Brexit exposant 10". La parti tablera aussi sur ses propres réussites comme ses fameux "jobs, jobs jobs", ou "l'augmentation de la prospérité" sans oublier "la question climatique", qui sera l'une des stars de la prochaine campagne.

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