L'Allemagne veut interdire à Facebook d'utiliser nos données personnelles

Bundeskartellamt, un organisme de surveillance de la concurrence, a décidé jeudi que Facebook devait cesser de collecter certaines données sans le consentement des utilisateurs. L'organisme dépendant du ministère des Finances allemand pointe les données collectées non seulement sur les différentes plateformes de l'entreprise mais également via des sites externes.

Facebook sait tout sur nous. L'entreprise américaine connaît nos têtes grâce à Instagram et Facebook sur lesquels on poste volontairement des photos de nos visages. Elle connaît également nos goûts vestimentaires et alimentaires, nos choix géographiques et nos besoins médicaux grâce à ses algorithmes qui digèrent nos conversations sur WhatsApp ou Messenger.

Pour le Bundeskartellamt, une autorité indépendante chargée de protéger la concurrence en Allemagne afin de réguler l'économie de marché, ce pouvoir de Facebook ne peut plus durer. Après une enquête de trois ans, l'organisme affilié au ministère allemand des Finances a décidé d'interdire à l'entreprise de Mark Zuckerberg de récolter nos données, que ce soit via Facebook, WhatsApp, Messenger ou des sites externes.

Par sites externes, le Bundeskartellamt, l'Office fédéral des cartels, désigne ces sites n'ayant aucun lien direct avec Facebook mais qui intègrent des boutons Like ou Share, soit des boutons de partage sur Facebook. Ces boutons permettent au géant social de collecter des données supplémentaires.

"Plus autorisé à obliger"

"À l'avenir, Facebook ne sera plus autorisé à obliger ses utilisateurs à accepter la collecte et l'attribution pratiquement illimitées de données autres que Facebook à leurs comptes d'utilisateurs Facebook. La combinaison de sources de données a considérablement contribué au fait que Facebook était en mesure de créer une base de données unique pour chaque utilisateur et de gagner ainsi du pouvoir sur le marché", déclare Andreas Mundt, président de la Bundeskartellamt.

"À l'avenir, les consommateurs pourront empêcher Facebook de collecter et d'utiliser sans restriction leurs données. La pratique antérieure consistant à combiner toutes les données dans un compte d'utilisateur Facebook, pratiquement sans aucune restriction, sera désormais soumise au consentement volontaire donné par les utilisateurs", poursuit-il.

"Le consentement volontaire signifie que l’utilisation des services de Facebook ne doit pas être subordonnée au consentement des utilisateurs à ce que leurs données soient collectées et combinées de cette manière. Si les utilisateurs n'y consentent pas, Facebook ne peut pas les exclure de ses services et doit s'abstenir de collecter et de fusionner des données provenant de différentes sources."

Facebook ne veut pas

La compagnie de Zuckerberg ne semble pas prête d'abandonner ces précieuses données qui valent de l'or sur le marché du data. Facebook a déclaré qu'elle allait faire appel de la décision, accusant l'organisme allemand d'appliquer "de manière erronée le droit allemand de la concurrence pour établir des règles différentes qui ne s'appliquent qu'à une seule entreprise".

"Alors que nous coopérons avec le Bundeskartellamt depuis près de trois ans et poursuivons nos discussions, nous ne partageons pas leurs conclusions et entendons faire appel afin que les citoyens allemands continuent à bénéficier pleinement de tous nos services", ajoute Facebook.

L'Office fédéral des cartels a déclaré que Facebook, avec ses 23 millions d'utilisateurs actifs quotidiens, détenait plus de 95% du marché allemand. Il a ajouté que des sociétés comme Snapchat, Google ou Twitter n'offrent pas les mêmes services que Facebook et ne peuvent donc pas être incluses sur le marché. Ce procès pourrait créer un précédent dans la lutte que de nombreux organismes mène contre l'empire de Zuckerberg.

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