Au Congo, les évêques contestent les résultats des élections et la situation s'enveniment dans l'ouest

Tout le monde attendait la réaction de l'église à propos des élections présidentielles congolaises. Ce jeudi, elle a rendu son verdict: selon les évêques, les résultats officiels ne correspondent pas aux leurs. Une annonce qui a entraîné de nouvelles contestations du résultat final, en atteste ces faits: 2 policiers et 2 civils sont morts dans l'ouest du pays

L'avis de l'église compte beaucoup en République démocratique du Congo. Alors, tout le pays attendait l'avis des évêques concernant le résultat des élections présidentielles qui ont eu lieu le 30 décembre dernier. Si la Céni (la commission électorale indépendante) annonçait Félix Tshisekedi vainqueur, l'église a une toute autre version des résultats.

"Nous constatons que les résultats de l'élection présidentielle tels que publiés par la Céni (la commission électorale indépendante) ne correspondent pas aux données collectées par notre mission d'observation à partir des bureaux de vote et de dépouillement", a déclaré l'abbé Donatien Nshole, porte-parole de l'épiscopat congolais.

"Nous prenons acte de la publication des résultats provisoires de l'élection présidentielle qui, pour la première fois dans l'histoire de notre pays ouvre la voie à l'alternance au sommet de l'Etat", a néanmoins estimé la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco).

"Contestation pacifique"

Vu cette annonce de l'église, il faut donc s'attendre à une contestation de la part du peuple. Celle-ci "ne pourra se faire que pacifiquement", selon le président de la Commission de l'Union africaine (UA), Moussa Faki Mahamat. Car selon lui, il faut "consolider la démocratie et préserver la paix" en RDC. Il espère donc que tout se fera dans le calme, "par le recours de procédures prévues par les textes en vigueur et le dialogue politique entre toutes les parties prenantes."

Malheureusement, cet appel n'a pas été entendu partout. Dans l'ouest du pays, 2 policiers et 2 civils sont morts dans le cadre de la répression de la contestation des résultats. Selon une source policière, les événements se sont déroulés dans un fief du rival de Felix Tshisekedi, Martin Fayulu. Le chef de la police de la ville a déclaré à l'AFP: "Dans l'opération de rétablissement de l'ordre public de ce jeudi à Kikwit, deux policiers et deux civils ont été tués. Nous avons enregistré aussi dix blessés." Espérons que ce ne soit pas le commencement d'une suite d'événements violents.

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