L'interdiction de l'abattage rituel cache de l'antisémitisme, selon les Juifs d'Europe

L'abattage rituel des animaux est officiellement interdit en Flandre depuis le 1er janvier 2019 et il le sera en Wallonie au mois de septembre 2019. L'Association des Juifs d'Europe annonce qu'elle fera résistance à cette loi qui "dissimule mal son antisémitisme".

L'interdiction de l'abattage rituel d’animaux est entrée en vigueur en Flandre le 1er janvier 2019. En pratique, les abattoirs ne peuvent plus tuer les animaux sans les avoir étourdis au préalable. Cette interdiction entrera en vigueur en septembre 2019 en Wallonie.

Pour les partisans de cet arrêt, comme les défenseurs des droits animaliers et les antispécistes, il s'agit d'une petite victoire éthique. Mais pour les communautés juives et musulmanes qui ne consomment que de la viande casher et halal, il s'agit d'une atteinte à leur liberté de culte.

Dans un communiqué de presse publié sur le portail juif francophone JForum, l'Association des Juifs d'Europe (European Jewish Association ou EJA) dit regretter cette décision. Cette loi est "en opposition directe avec la Loi juive qui exige qu’un animal soit indemne et en santé optimale avant l’abattage", écrivent-ils. "Derrière la Défense du Droit des animaux, [cette loi] dissimule mal son antisémitisme."

Importer depuis d'autres pays

Pour pouvoir continuer à manger en accord avec leurs croyances, les 30.000 Juifs de Belgique vont devoir acheminer la viande depuis des pays où l'abattage rituel n'est pas interdit.

"Nous nous sommes battus publiquement pour les droits religieux de diverses communautés juives de toute l’Europe et nous avons réussi. Nous continuerons à le faire en Belgique et dans tous les autres pays européens où cela est nécessaire", indique le rabbin Menachem Margolin, président de l’EJA.

"Nous ne voulons pas de vous ici"

"Sur le terrain, cela fait peu de différence. Nous avons encore de la viande", déclare au journal Haaretz Nechemiah Schuldiner, qui est à la tête de la communauté juive orthodoxe Shomre Hadas d'Anvers. "Le problème est le message qu'il envoie. Il dit aux Juifs: "Nous ne voulons pas de vous ici". Pour Schuldiner, cette interdiction n'est que la première d'une série prochaine. Il craint, par exemple, que la circoncision soit bientôt interdite.

D'autres estiment que cette loi, présentée en premier lieu par le ministre flamand du Bien-être animal Ben Weyts (N-VA), est une attaque politique envers certaines minorités religieuses. Le rabbin anversois Yaakov David Schmahl explique au New York Times que de plus en plus de lois en Europe empêchent les Juifs pratiquants de vivre selon leurs traditions. Et de conclure: "Cela rappelle certainement des situations similaires avant la Seconde Guerre mondiale, lorsque ces lois ont été introduites en Allemagne."

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