Airbnb remporte une bataille juridique contre New York mais la guerre continue

Victoire pour Airbnb. Une loi imposée par le maire de New York l'obligeait à dévoiler des informations personnelles sur sa clientèle new-yorkaise. Un juge fédéral américain a déclaré jeudi que cette loi était suspendue temporairement.

De plus en plus de villes partent en guerre contre Airbnb. Berlin, Londres, Lisbonne, Paris, Los Angeles, San Francisco... même Bruxelles s'est fritée avec la plateforme américaine de location d'appartement. À New York, cinquième ville accueillant le plus de touristes au monde et où vivent plus de 8 millions d'habitants, la question des logements éphémères était inévitable.

L'été dernier, le maire de New York Bill de Blasio a passé une loi obligeant Airbnb à lui livrer mensuellement toutes les données concernant sa clientèle. Environ 50.000 logements étaient répertoriés sur la plateforme. Jeudi, un juge fédéral a suspendu la loi du maire new-yorkais, indiquant qu'elle violait la garantie offerte par le 4ème amendement d'être protégé des perquisitions et des saisies illégales. Cette loi exigeait d'Airbnb qu'elle dévoile des informations trop personnelles sur sa clientèle.

Crise du logement

La plateforme de location de logements s'est réjouie de cette "victoire pour Airbnb et ses utilisateurs", ainsi que pour les "milliers de New-yorkais qui étaient menacés de surveillance illégale", rapporte le New York Times. Sentiment victorieux également du côté des autres compagnies de logements partagés, ces entreprises comme HomeAway, moins connues, mais qui étaient également visées par la loi du maire.

À la Ville de New York, on voit cette suspension juridique d'un autre oeil. Cette loi avait pour objectif d'endiguer la crise du logement dans la "Big Apple", à en croire le maire Bill de Blasio. "Cette loi vise à empêcher des propriétaires de créer des hôtels de facto, ce qui est déloyal et illégal", a-t-il ainsi déclaré. "Cette loi répond à un vrai problème." Elle devait, en théorie, permettre de faire la différence entre un appartement n'ayant plus qu'une fonction "hôtelière" et les appartements ordinaires. De Blasio reste persuadé qu'à terme, il gagnera cette guerre contre Airbnb. "Nous obtiendrons gain de cause au final", a-t-il ajouté.

Airbnb est régulièrement accusée de faire de la concurrence déloyale aux hôtels et aux services d'hébergements classiques mais également de faire monter les prix des loyers dans les coins touristiques au point d'obliger les locaux à déserter leur propre ville. La décision fédérale pourrait créer un précédent dans la lutte que la plateforme californienne mène contre les autres villes de la planète.

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