Trump ne lâche rien sur son mur, le 3e shutdown de l'année se poursuit: mais qu'est-ce que ça signifie?

Après janvier et février 2018, Trump connaît un 3e shutdown. Faute d'accord entre démocrates et républicains sur le financement du mur à la frontière mexicaine, le blocage des administrations se poursuit pour un 12e jour d'affilée. Un nouveau bras de fer se joue avant la recomposition du Congrès.

Depuis 1976 et son instauration, les États-Unis ont connu 17 shutdowns. L'administration Trump détient toutefois le record en une année: il s'agit en effet du 3e shutdown en 2018. Après janvier (trois jours) et février (quelques heures), démocrates et républicains s'écharpent à nouveau sur la question migratoire pour un 12e jour d'affilée.

Hier, une négociation cruciale a échoué. Car Trump compte coûte que coûte tenir sa promesse de campagne: construire le fameux mur à la frontière mexicaine. Mais son financement pose toujours problème. Les démocrates ne veulent pas de ce mur "médiéval", "coûteux" et "inefficace" pour résoudre la question migratoire. Trump y voit par contre une solution miracle: "La roue, le mur: il y a des choses qui ne vieillissent jamais."

Grosse pression

Faute d'accord sur le financement du mur, les budgets d'une bonne partie des administrations et agences fédérales sont bloqués. Le pays tourne à l'arrêt: 800.00 fonctionnaires fédéraux sont affectés au sein des ministères de l'Intérieur, de la Justice, de l'Agriculture, du Commerce et de plusieurs agences (FBI). 380.000 d'entre eux sont priés de rester chez eux. Les 420.000 autres doivent assurer un service minimum sans être payés. La pression est énorme. Surtout que les États-Unis connaissent leur pire année sur les marchés boursiers depuis la crise de 2008. Chaque camp tente de faire porter le chapeau de la crise à l'autre camp.

Mais le shutdown, s'il provoque un blocage du pays, est aussi un moyen de résoudre les conflits. Car la pression est tellement forte sur les responsables politiques qu'ils sont contraints de trouver une solution le plus rapidement possible.

Avec une particularité pour cette fin d'année 2018. Car les cartes ont été rebattues lors du midterms. Le Sénat et la Chambre des représentants ont renouvelé une bonne partie de leurs sénateurs et députés. Mais si ce remaniement doit s'opérer ce jeudi, il ne deviendra effectif qu'à partir du 3 janvier.

Issue de secours

Or pour faire passer le budget, les républicains ont besoin de 60 sièges sur 100 au Congrès. Majorité qu'ils n'ont pas avec seulement 51 sénateurs. Ils ont donc besoin de trouver un accord avec les démocrates. S'ils resteront majoritaires au Sénat après le 3 janvier, le remaniement des midterms ne permet pas aux républicains de débloquer la situation. Par contre les démocrates, devenus majoritaires à la Chambre, pourront tenter d'imposer leur point de vue en contournant le blocage.

En effet, ils ont le pouvoir de voter une loi qui permet de financer certains secteurs de l'administration américaine. Sans pour autant valider le projet de mur frontalier. Ils pourront alors passer pour les artisans de la sortie de crise. C'est en tout cas la carte que sont en train de jouer les démocrates.

Mais Trump n'a pas dit son dernier mot. Il tente d'avoir l'opinion publique avec lui: "Je crois que les gens de ce pays pensent que j'ai raison", quitte à mentir sur l'avancée de son entreprise: "La plus grande partie du mur a déjà été complètement rénovée ou construite". Pour être du bon côté de l'histoire, le milliardaire a même reporté ses vacances pour la deuxième fois de suite dans son luxueux club de Mar-a-Lago en Floride.

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