La chute du gouvernement se précise: Bart De Wever ne laisse pas le choix à Charles Michel

Charles Michel et son gouvernement doivent se rencontrer cet après-midi. Pour un conseil des ministres spécial qui s'annonce explosif. Et de fait, suivant les déclarations de chacun, on voit mal comment le gouvernement ne pourrait pas imploser. Une question d'heures selon les bruits de couloirs.

Alors que la Belgique a jusqu'au 19 décembre pour se décider définitivement sur le Pacte mondial des migrations, il semble que tout va se jouer dans les prochaines heures. Charles Michel (MR) et son équipe restreinte doivent trouver un accord ou imploser cet après-midi à 16 heures (elle n'a finalement pas eu lieu, voir plus bas). Tout porte à croire que l'on s'oriente vers la deuxième proposition.

En effet, chacun semble camper sur ses positions. Olivier Chastel (MR) a eu des mots assez durs ce matin dans l'Echo à l'encontre de son partenaire. Au cours d'un entretien-fleuve, le président des libéraux francophones a demandé à la N-VA de faire un choix: "Ils doivent prendre leurs responsabilités, ce n’est plus possible de jouer sur deux tableaux. Soit ils poursuivent leur campagne électorale sur l’immigration, soit ils mettent en avant leur sens des responsabilités par rapport à tout ce que ce gouvernement projetait encore de faire d’ici la fin de la législature, notamment dans les thématiques socio-économiques."

Olivier Chastel ne supporte plus qu'on voit le MR comme le paillasson de la N-VA: "Il faut être clair une fois pour toutes là-dessus et le faire savoir: la N-VA ne dirige pas et n’a jamais dirigé ce gouvernement. (...). Il est clair que l’axe du gouvernement, c’est l’axe MR/Vld. C’est lui qui a dirigé ce gouvernement."

Le président du MR en veut pour preuve, le recul de la N-VA sur une série de dossiers: le communautaire d'abord, le pacte énergétique, les numéros Inami, Puigdemont et la crise catalane, et même l'Isoc et l'IPP.

La N-VA ne cédera pas

Des concessions, c'est justement ce que demande Bart De Wever à ses partenaires, comme son parti a pu le faire. Sauf que le président de la N-VA fait ici référence aux visites domiciliaires, quelques grandes figures du MR voulaient voir ce genre de perquisitions s'arrêter. Ils ont été entendus.

Dans son interview accordée à la VRT, on comprend assez vite que Bart De Wever ne fera pas de concession sur le Pacte migratoire de l'ONU: "Nous ne pouvons pas accepter ce pacte, nous ne changerons plus d'avis et demandons maintenant à nos partenaires davantage de flexibilité". Sa position semble arrêtée: "Nous l'avons complètement analysé et nous ne changerons pas notre opinion".

Reste donc à savoir comment va se passer la séparation. Les ministres N-VA vont-ils partir d'eux-mêmes ont vont-ils être révoqués à la demande du Premier ministre? Theo Francken semble avoir donné une indication ce matin dans les colonnes de Sudpresse: "S’il y a un engagement sur le pacte sans notre accord, la N-VA sortira du gouvernement."

Reste le mince espoir que la Belgique s'abstienne à Marrakech, comme la N-VA le souhaite. On n'en prend clairement pas le chemin.

Update

Il nous revient qu'aucune réunion n'a finalement eu lieu cet après-midi. Charles Michel ne compte pas se laisser dicter son agenda par Bart De Wever. Il n'a convoqué aucun Conseil des ministres ce samedi vers 16 heures. Les "consultations continuent" et le gouvernement est toujours en place.

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