Face à des ennemis affaiblis, le PS se cherche toujours un chef

Le gouvernement "MR-N-VA", comme ils aiment l'appeler, est au plus mal. Pourtant les socialistes ne semblent pas vraiment profiter de cette séquence. En cause, une dispute interne au parti. Et elle n'est pas neuve: le PS doit se trouver un chef.

Jeudi matin, 7h35. Un communiqué du PS explique qu'Elio Di Rupo a désigné Paul Magnette comme tête de liste pour les prochaines élections européennes. Quelques minutes plus tard, le principal intéressé confirme sur les antennes de La Première. Privilégiant un projet plutôt qu'un choix de personnes, Paul Magnette se présentera pour "porter les valeurs du PS", il ne "cherche pas de mandat".

Et pour cause, Paul Magnette s'est engagé à respecter le décumul intégral. Il vient d'être élu bourgmestre pour les 6 prochaines années et a promis aux carolos d'assumer son rôle. Reste que le message délivré aux électeurs est peut-être difficile à déchiffrer. Il sera candidat mais ne siégera pas à Strasbourg quoiqu'il arrive.

Ambitions fédérales

Cela se complique encore quand on sait que Paul Magnette nourrit des ambitions fédérales. Ce lundi dans les colonnes du Soir, il n'a pas manqué de critiquer la sortie d'Elio Di Rupo, la semaine précédente. Ce dernier s'est porté candidat comme tête de liste aux élections fédérales pour le Hainaut, à la surprise de quelques-uns au sein du parti.

La Libre Belgique rappelle en fait qu'un accord entre les deux hommes, qui date de 2017, prévoyait de donner à Magnette le rôle de porte-parole de la campagne fédérale de 2019. L'idée fait son chemin, Magnette s'y voit déjà. Il est l'homme de la situation pour affronter De Wever en Flandre et Michel du côté francophone. Après tout, les trois hommes ont la quarantaine.

Mais c'est sans compter l'abnégation d'Elio Di Rupo, la soif de pouvoir diront certains, moins optimistes. Le désormais ancien bourgmestre de Mons se voit toujours comme l'homme de la situation pour désamorcer les difficiles négociations qui s'annoncent en mai 2019. Après tout, il est l'homme qui est parvenu à former un gouvernement après 541 jours de vacance.

Compromis à déchiffrer

Mais alors qu'on pouvait s'attendre à un bureau politique tendu ce lundi, après les déclarations des uns et des autres, ce fut l'heure du compromis, dans le calme rapporte encore La Libre. Di Rupo est confirmé pour mener la liste du Hainaut au fédéral. Magnette mènera campagne pour les élections européennes ET les élections fédérales. Car oui, en plus de sa tête de liste aux Européennes, Paul Magnette est devenu "le porte-parole du PS". Il pourra donc s'exprimer au nom du PS sur les enjeux fédéraux.

La suite? Elle devient carrément impossible à déchiffrer. Si le PS réalise un bon score, qui ira défendre les idées de parti face à De Wever et Michel? Magnette ou Di Rupo? Un cas de figure enverrait Di Rupo négocier et Paul Magnette devenir président du PS, tout en restant bourgmestre de Charleroi. Et tant pis pour ses ambitions de Premier ministre.

Pour la clarté du message, on repassera.

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