À genoux face à des policiers armés: ces images d'étudiants arrêtés en France font scandale

"Voilà une classe qui se tient sage." Depuis ce jeudi, une vidéo de dizaines d'adolescents, à genoux, les mains derrière la tête et alignés par des policiers lourdement armés, est en train de faire un bad buzz sur les réseaux sociaux.

La crise des gilets jaunes est bien profonde en France et s'est même étendue à d'autres sphères de la société telles que les écoles. Ce jeudi, environ 280 lycées et collèges étaient de nouveau perturbés, et 45 d'entre eux étaient carrément bloqués par des étudiants. Plusieurs débordements ont été recensés et plus de 700 interpellations ont eu lieu au total.

C'est notamment le cas à Mantes-La-Jolie, dans les Yvelines, où environ 150 personnes ont été interpellées. Plusieurs dizaines d'entre eux ont été emmenés par les forces de l'ordre dans un jardin à proximité, mais en usant de pratiques ahurissantes. Une vidéo de cette scène choquante tourne ainsi en boucle sur les réseaux sociaux et fait scandale dans toute la France et ailleurs.

Des dizaines d'ados à genoux, les mains derrière la tête

Dedans, on peut voir des dizaines d'adolescents, dont le plus jeune est âgé de 12 ans seulement selon Le Parisien, alignés à genoux sur le sol, les mains derrière la tête, et encadrés par des policiers lourdement armés (avec casque, bouclier et armes). Avant qu'ils ne soient envoyés dans différents commissariats de la région. Et comme si les images n'étaient pas assez choquantes, on entend à la fin de la vidéo la personne qui filme se féliciter : "Voilà une classe qui se tient sage". Sans qu'on sache toutefois qui a pris ces images.

Pour "participation à un attroupement armé"

Selon le commissaire de la ville, ces jeunes ont été arrêtés devant un lycée pour "participation à un attroupement armé", après des heurts et dégradations observés, de manière à "interrompre un processus incontrôlé", s'est-il justifié auprès de l'AFP.

Face à la polémique qui enfle, le ministère français de l’intérieur a lui aussi réagi dans un communiqué relayé par la presse française : "De violentes échauffourées opposant les forces de l’ordre à des individus dans le quartier de Val-Fouré, près du lycée Jules-Saint-Exupéry. À 12h20, 122 étaient interpellés et placés en garde à vue pour participation à un groupement en vue de la préparation à des violences volontaires ou des destructions ou dégradations. 37 des présents, la plupart encagoulés, étaient trouvés porteurs de bâtons, battes de base-ball et conteneurs de gaz lacrymogène." Sur les images ci-dessous, on peut en effet voir deux voitures incendiées ce jeudi à proximité du lycée Jules-Saint-Exupéry, a constaté sur place une journaliste de l'AFP.

Le ministère français de l'Intérieur légitime pourtant les pratiques des policiers, au vu de la situation. "L’interpellation d’un nombre aussi important d’individus a nécessité de prendre des mesures de sécurité complémentaires", ajoute le communiqué qui se félicite enfin qu'il n'y ait eu "aucun blessé".

Mais pour la plupart des internautes, l'argument du nombre n'est en aucun cas recevable. De nombreux politiciens français n'ont eux aussi pas manqué d'exprimer leur désarroi sur Twitter.

À commencer par Benoît Hamon, ancien candidat PS à l'élection présidentielle et qui a désormais son propre parti, Génération-s et qui trouve cela "glaçant" et "inadmissible"

Younous Omarjee, député européen de La France Insoumise a "la nausée"

Gilbert Collard, député du Rassemblement national, rejette la faute sur le gouvernement Macron

De son côté, Emmanuel Macron n'a pas réagi à ces images.

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