La Chine lance la première intelligence artificielle pour présenter le JT, et c'est un peu flippant

Il a la tête d'un humain, les réactions d'un humain un peu défoncé et l'élocution d'une machine polie, mais c'est une intelligence totalement artificielle. Le premier présentateur d'info totalement numérisé a été présenté par l'agence de presse nationale chinoise Xinhua mercredi.

Jean-Pierre Pernaut, Élise Luçet, François de Brigode, Hakima Darhmouch... ont-ils du souci à se faire? Seront-ils à terme remplacés par des robots, comme tout un pan de l'industrie? Une vidéo, qui semble venue d'un futur alternatif, donne à y croire. Mais elle ne vient pas du futur, elle a été diffusée par Xinhua, l'agence de presse gouvernementale de la Chine.

Xinhua a dévoilé ses nouveaux "IA Anchor", soit des figures numériques créées avec des images de synthèse qui lisent les informations à l’aide de voix synthétisées et d'une intelligence artificielle. L'agence a créé deux présentateurs artificiels: un qui parle en anglais et l'autre qui s'exprime en mandarin. Leur principal avantage: ils ne sont jamais fatigués. Pas de risque d'avoir la voix défaillante, de mal lire l'info, de faire de lapsus (et de poser de questions, on a envie de dire).

 

Un peu raide

Pour l'instant, les présentateurs ont un aspect un peu figé et manquent un peu d'émotions. L'image de base est pourtant tirée de présentateurs réels. Les mouvements faciaux ont été animés afin de faire en sorte que ce pantin numérique ait des expressions qui se rapprochent le plus possible du naturel. Grâce à ses fonctions d'apprentissage automatique (machine learning), le présentateur synthétique devrait évoluer pour progressivement être plus "présentable".

Avec ce message, la Chine se présente comme pionnière dans le domaine de la présentation artificielle. Mais au-delà de l'aspect soft power, cette création aura surtout un impact politique et économique interne. Économique car chaque présentateur pourra "travailler 24 heures sur 24 sur son site web officiel et sur les diverses plates-formes de médias sociaux, réduisant ainsi les coûts de production de l'information et améliorant l'efficacité", déclare Xinhua. Et politique car il répétera tout ce qu'on lui demande de dire sans poser de questions. Et dans un pays qui attache peu d'importance à la liberté de la presse, cette avancée technologique est assez inquiétante.

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