La grève à Zaventem bat tous les records: six jours de suite sans bagagistes (et le gouvernement très silencieux)

Mais que fait le monde politique? Après six jours de grève, le chaos qui règne à l'aéroport international de Zaventem est loin d'être fini. Le conflit entre Aviapartner et son personnel est bloqué et, au train où ça va, le bagagiste pourrait tomber en faillite. En plus, avec cette histoire, la réputation internationale de la Belgique prend à nouveau un sale coup.

Les records sont faits pour être battus. À Zaventem, la manutention des bagages est gérée par deux sociétés qui sont connues pour être agitées sur la question sociale. Swissport avait jusqu'à présent l'honneur douteux d'avoir été à l'arrêt le plus longtemps. En 2013, il avait paralysé l'aéroport de Zaventem cinq jours de suite.

Mais hier soir, les négociateurs d'Aviapartner sont rentrés sans être parvenus à trouver un accord. Ce qui signifie qu'un sixième jour de grève va paralyser le bagagiste. Pendant ce temps, des centaines de vols depuis l'aéroport de Bruxelles-National ont été annulés ces derniers jours. Environ un vol sur cinq a été annulé, soit à peu près 110 vols par jour.

Cette crise est symptomatique de la situation à Zaventem, où Brussels Airport lutte depuis quelque temps contre la situation fragile des manutentionnaires de bagages. Avec seulement deux joueurs sur qui compter, l'aéroport reste vulnérable.

Pour le moment, personne ne souhaite réagir au sein de la classe politique, même si les dommages causés à la réputation de l'aéroport, et par extension à celle de la Belgique, sont très importants. Car le conflit social est un nid de guêpes et ceux qui s'y plongent risquent fort d'y perdre des plumes.

Aviapartner pourrait tomber en faillite

Les négociations ne portent pas sur des revendications extrêmement complexes: il s’agit de salaires plus élevés et de meilleures conditions de travail. Mais la direction, qui doit gérer une entreprise au bord de la faillite, ne veut et ne peut rien céder. Le personnel est également déterminé, le conflit gronde depuis des années et la colère ne faisait que monter.

Le fait que la direction ait envoyé des huissiers de justice pendant la grève pour obliger les travailleurs à se remettre au travail n'a pas aidé les choses. À cela, il faut ajouter que les principaux négociateurs de la société sont totalement incapables de parler néerlandais alors que c'est la langue que les syndicats emploient pour négocier. Ce qui fait tout ralentir.

Et puis il y a la menace de faillite qui plane et pourrait être l'occasion pour l'entreprise de quitter la Belgique. Aviapartner s'est adressé aux tribunaux pour demander la protection contre ses créanciers. Cette demande émane de la division qui gère la manutention des bagages à Ostende, où l'entreprise est en train de couler. Il est assez probable que la division belge d'Aviapartner tombe en faillite.

Un troisième personnage pourrait faire bouger les choses sur l'échiquier de Zaventem: DNata. Il s'agit du bagagiste des Émirats arabes unis qui a récemment obtenu une licence pour s'occuper des avions cargo. Ce dernier pourrait être une option pour concurrencer Aviapartner. Les compagnies aériennes qui travaillent avec des bagagistes n'hésiteront pas longtemps à y faire appel s'il apparaît que la stabilité ne revient pas du côté d'Aviapartner.

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