"Je voulais juste tuer des juifs": climat de peur à une semaine des midterms aux Etats-Unis

L'attaque contre une synagogue à Pittsburgh a fait onze morts et six blessés. Arrêté par la police, Robert Bowers risque maintenant la peine de mort. Il s'agit de la troisième attaque en quelques jours aux Etats-Unis. Les midterms, qui doivent renouveler les deux assemblées du Congrès, auront lieu dimanche prochain dans un climat sous haute tension.

Les discours de haine, notamment alimentés par Donald Trump, continuent de faire des victimes aux Etats-Unis. Cette fois c'est à Pittsburgh en Pennsylvanie. Robert Bowers, 46 ans, connu comme chauffeur de camion, a ouvert le feu le jour du shabbat dans une synagogue parce qu'il voulait tout simplement "tuer des juifs".

Un acte antisémite dont il ne faisait aucun secret. Bowers avait prévenu depuis quelques jours qu'il passerait à l'acte. Pourquoi? Outre le fait que les victimes étaient juives, ces "enfants de Satan" seraient coupables de vouloir diluer la population blanche au profit des immigrés, hispaniques principalement. "Ils commettent un génocide avec mon peuple", a déclaré Bowers à un officier du SWAT après son arrestation. En cause, une photo d'un fourgon arborant une étoile juive de David. Elle menait une caravane de 7.000 migrants en route vers la frontière sud des États-Unis.

Le maire de la ville de Pittsburgh, Bill Peduto, a contesté la suggestion du président Trump selon laquelle la synagogue aurait dû disposer de gardes armés. "Nous n'essaierons pas de rationaliser les comportements irrationnels", a déclaré à la presse le maire démocrate. "L'approche que nous devons considérer est la façon dont nous prenons les armes - le dénominateur commun de chaque tir de masse en Amérique - des mains de ceux qui cherchent à exprimer la haine par le meurtre", a-t-il déclaré.

Eh oui, c'est la 294e fusillade de masse en 300 jours en 2018 aux États-Unis. Le climat de haine reste bien présent dans la société américaine. Mercredi, un homme blanc a abattu deux Afro-Américains, car il se voyait refuser l'entrée dans une église noire. Vendredi dernier, un autre a envoyé des colis piégés chez les Clinton et les Obama ainsi qu'à plusieurs soutiens démocrates en plus du siège de CNN, ils sont tous vus comme des ennemis de Donald Trump.

Trump omniprésent pour les midterms

Dimanche prochain, ce sont les midterms. Ces élections doivent renouveler les deux assemblées du Congrès. Et Donald Trump est en première ligne. Jamais un président n'a participé à autant de meetings politiques pour les élections de mi-mandat. Il faut dire que l'enjeu est énorme: les républicains veulent garder leur majorité au Congrès tout en se préparant pour 2020. Car Donald Trump ne compte pas s'arrêter en si bon chemin.

Or, traditionnellement, ces midterms sont une sorte de référendum sur le président en place. Son parti y perd souvent des plumes et Donald Trump en est bien conscient et a sorti son bleu de travail. Il a été jusqu’à soutenir lundi dernier le républicain Ted Cruz au Texas, alors que l'ancien candidat à la présidentielle n'est pas vraiment son copain.

Face au climat de tension, Donald Trump se dédouane: "Une grande partie de la colère que nous voyons aujourd’hui dans notre société est causée par le traitement intentionnellement inexact et imprécis des médias traditionnels, que j’appelle les Fake News", a-t-il écrit sur Twitter. Trump ne parle jamais de cette ultra-droite, conservatrice, croyante et puritaine, qui le trouve d'ailleurs trop globaliste. Rarement pourtant un président des États-Unis aura tenu un discours aussi isolationniste, avec son slogan: "America First".

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