L'Allemagne conseille à ses citoyens de ne pas critiquer Erdogan pour leur propre sécurité

Le gouvernement allemand demande à ses citoyens qui se rendent en Turquie d’être extrêmement prudents sur ce qu'ils postent sur les réseaux sociaux et plus particulièrement sur les critiques qu'ils adressent au président Recep Tayyip Erdogan.

En Turquie, "les arrestations et les poursuites sont souvent liées à des publications sur les réseaux sociaux qui critiquaient le gouvernement", met en garde le ministère des Affaires étrangères allemand sur sa page retraçant les informations à savoir avant de partir en voyage en Turquie. "Dans certains cas, il suffit de liker un post" pour avoir des problèmes.

Berlin cherche actuellement à améliorer ses relations avec Ankara pour, d'un côté, essayer de libérer les Allemands détenus en Turquie et d'un autre, empêcher que d'autres se fassent emprisonner. Et cela passe par une utilisation plus précautionneuse des réseaux sociaux, fait savoir le ministère des Affaires étrangères qui demande à ses citoyens d'éviter de critiquer le président turc Recep Tayip Erdogan.

Dénonciations et emprisonnement

Même "les commentaires non publics sur les médias sociaux peuvent être transmis aux autorités turques par le biais de dénonciations", déclare le ministère, selon Reuters. "Une condamnation pour" insulte au président [Erdogan]"ou" diffusion de propagande terroriste "peut entraîner de nombreuses années d'emprisonnement."

Depuis le coup d'état manqué en 2016, des centaines de personnes ont été exécutées et des milliers d'autres ont été emprisonnées. Parmi celles-ci, il y avait des journalistes, des fonctionnaires, des professeurs et des militaires. Et certains d'entre eux, qui avaient la double nationalité turco-allemande, sont encore emprisonnés.

3 millions de Turco-Allemands dans le pays

C'est une manoeuvre diplomatique délicate que tente l'Allemagne avec cette mise en garde. Le pays abrite trois millions de Turcs et depuis le putsch raté, les relations entre les deux puissances n'ont fait que s'envenimer.

"Nous devons au moins avoir des relations normales avec la Turquie. Plus de trois millions de personnes d'origine turque vivent en Allemagne. Les conflits internes en Turquie peuvent aussi facilement se propager en Allemagne. (...) C’est pourquoi nous avons besoin d’une relation constructive", déclarait le mois passé le ministre allemand des Affaires étrangères Heiko Maas.

Reste à voir si cette mise en garde concernant l'usage des réseaux sociaux ne sera pas interprétée comme une dénonciation de la surveillance intense et des mesures de contrôle pratiquées par le gouvernement d'Erdogan.

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