Les gameuses ont plus tendance à étudier les sciences et la technologie

Les filles qui jouent à des jeux vidéo sont trois fois plus susceptibles de se lancer dans des études en sciences physiques, en ingénierie ou en mathématique que les autres filles non-gameuses, selon une nouvelle étude de l’Université britannique de Surrey.

Y-a-t-il un lien entre le goût des jeux vidéos chez les filles et leur intérêt pour les matières qui relèvent de la science et des technologies? C'est la question que s'est posée Anesa Hosein, chargée de cours à l'Université britannique de Surrey et diplômée de physique qui confie avoir un passé "Geek Girl" fan de jeux vidéo.

Les résultats de ses observations montrent qu'il y a clairement une corrélation entre les deux mondes. Les filles âgées de 13 à 14 ans classées comme "grosses joueuses" - plus de neuf heures de gaming par semaine - sont trois fois plus susceptibles de suivre des études techniques que les filles qui ne sont pas gameuses. L'étude a également observé que 100% des filles (dans l'échantillon) qui suivent des études de science, technologie, ingénierie et mathématiques (STEM en anglais) sont des gameuses.

Corrélation, pas causalité

L'étude ne montre pas de rapport de causalité. Ce n'est pas parce qu'une fille est gameuse qu'elle va se lancer dans des études STEM. Et ce n'est pas parce qu'elle étudie dans cette branche que les jeux vidéos vont devenir l'une de ses activités favorites. Mais il y a visiblement des centres d'intérêts qui se rejoignent. Côté mâle, les chercheurs ne sont pas parvenus à établir de lien entre ces études et leur goût des jeux vidéos.

Cette étude est partie d'un constat: il n'y a pas assez de femmes en science. "Les filles ont 58 fois moins de chances d'obtenir un diplôme en STEM physique que de ne pas obtenir de diplôme du tout", écrivent les chercheurs. "Moins de 30% des chercheurs du monde entier sont des femmes", déplorait l'UNESCO récemment. Le but du Pr. Hosein a donc été de trouver un moyen d'intéresser plus de filles à se lancer dans des études STEM. Elle a pour cela observé un groupe d'étudiants de 2004 à 2010, en les questionnant chaque année depuis leur 13/14 ans jusqu'à ce qu'ils atteignent les 19/20 ans.

Encourager les gameuses

Cette étude semble définir une catégorie d'adolescentes qui pourraient être poussées à se lancer dans les études STEM. "Nos recherches montrent que celles qui étudient les matières STEM sont plus susceptibles d’être des gameuses. Nous devons donc encourager les gameuses d’aujourd’hui à devenir les étudiantes et les ingénieurs en génie physique, ainsi que les pionnières de demain", déclare Hosein.

Les éducateurs cherchant à intéresser davantage d'étudiants au monde des mathématiques, des sciences et des technologies devraient donc logiquement "cibler les gameuses, car elles ont peut-être déjà un intérêt naturel pour ces sujets", ajoute Anesa Hosein. "Nous devons nous efforcer d'identifier rapidement les signaux permettant de déterminer quelles filles pourraient être plus intéressées par les diplômes STEM."

Les recherches de l'université de Survey devraient également intéresser les parents des gameuses. Si ces derniers ont tendance à se préoccuper de voir leur fille attacher trop d'importance aux jeux vidéos, ils devraient abandonner leurs inquiétudes et orienter leur enfant vers une filière scientifique. Et qui sait, peut-être leur fille deviendra la prochaine Jocelyn Bell Burnell, l'astrophysicienne qui a découvert le premier pulsar.

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