Toujours pas de vrai Brexit: l'UE propose de rallonger la période de transition

Dur, dur de quitter l'Union européenne. Le Royaume-Uni ne parvient toujours pas à présenter un accord de départ clair et il a été proposé de rallonger la période de transition post-Brexit pour trouver une solution au problème des frontières irlandaises.

Les Brexiters aimeraient quitter l'Union européenne le plus rapidement possible. Mais pour sortir, la Grande-Bretagne doit trouver une série d'accords politiques et commerciaux qui arrangent à la fois ses citoyens et les 27 autres pays du marché unique.

Et sur de nombreux points, ça bloque. Les Danois veulent pêcher dans les eaux anglaises, par exemple. Les Luxembourgeois veulent des accords financiers plus souples avec la GB. Il faut aussi trouver un moyen d'éviter de réinstaurer une frontière entre l'Irlande du Nord et la République d'Irlande... Mais l'horloge tourne.

Ayant fait appliquer l'article 50 du Traité de Lisbonne le 29 mars 2017, le Royaume-Uni est en principe tenu de quitter l'UE le 29 mars 2019, soit 2 ans après. À compter de cette date, une période de transition lui est accordée jusqu'au 31 décembre 2020 pour mettre en place le nouveau processus de relation entre le pays et le reste de l'Union. Mais le dernier sommet européen qui s'est tenu mercredi et jeudi à Bruxelles semble avoir révélé une chose: les 28 ne parviennent pas à s'accorder sur ce départ. Il a donc été proposé de rallonger la période de transition qui devait initialement durer 21 mois.

Le problème irlandais

Un des gros blocages concerne le "backstop" irlandais. Si le Brexit est mis en application, la frontière entre l'Irlande du Nord et la République d'Irlande (qui n'appartient pas à la Grande-Bretagne) devra être réinstaurée. Et cela pourrait raviver des tensions entre les deux pays longtemps déchirés par la guerre. La Première ministre britannique Theresa May a déclaré que des mois de négociations supplémentaires pourraient l'aider à résoudre cette question épineuse de la frontière entre les deux Irlandes.

Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a confié lors de ce sommet qu'il n'y avait pas de progrès décisif sur la question irlandaise. Les chefs d'État ne sont pas parvenus à trouver comment éviter d'imposer de nouvelles vérifications aux frontières entre l'Irlande du Nord et la République d'Irlande une fois que le Brexit deviendra effectif. D'où la proposition de rallongement de la transition. Si "le Royaume-Uni décide qu'une prolongation de la période de transition serait utile pour parvenir à un accord, je suis sûr que les dirigeants seraient prêts à envisager cela de manière positive", a affirmé Tusk, selon la BBC.

Ce prolongement n'a toutefois pas encore été décidé et aucune date pour un nouveau sommet extraordinaire sur le Brexit n'a été marquée. Du côté des pro-Brexit, on s'énerve de voir les choses autant tarder. Non seulement parce que le Brexit tarde à se mettre en place mais également parce que ces prolongations pourraient, selon une source de la BBC, avoir des répercussions financières pour la Grande-Bretagne. Pour beaucoup, ce dernier sommet est un flop.

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