Pas un coup des Russes: Facebook pense savoir qui a orchestré le dernier gros piratage de 29 millions de comptes

Facebook pense enfin savoir qui est derrière l'énorme piratage des comptes de plusieurs millions de ses utilisateurs survenu il y a trois semaines. Et selon les premières conclusions de l'enquête interne, ce ne serait pas l'oeuvre d'un pays étranger à des fins politiques.

Après le scandale Cambridge Analytica, qui a exposé les données personnelles de 87 millions d'utilisateurs à des fins de manipulation politique, Facebook a été victime d'une attaque informatique de large ampleur fin septembre. Souviens-toi, tu as probablement toi aussi dû te reconnecter un vendredi matin, car le réseau social a forcé la déconnexion de plus de 90 millions de comptes. Parmi ceux-ci, ce sont les données privées de 29 millions de comptes (selon les dernières estimations de Facebook), en partie d'utilisateurs européens, qui ont été dérobées.

Les pirates ont pu tirer profit d'une faille dans le code informatique de la fonctionnalité "Aperçu de mon profil" qui permet aux utilisateurs de vérifier leurs paramètres de confidentialité. S'ils ne sont pas parvenus à publier ou modifier du contenu, en tout cas selon Facebook, les hackers ont quand même pu accéder au nom de chacun des utilisateurs touchés et à d'autres informations privées telles que le numéro de téléphone, l'adresse mail, les contacts, le statut de la situation amoureuse, la formation et l'emploi actuels et passés, la date de naissance, le lieu de résidence éducation reçue, date de naissance, les pages likées... En gros, tout ce que tu peux voir toi-même sur ton propre profil, si tu l'as indiqué.

Des spammers

Mais, cette fois, il n'y a aucun gouvernement ni société politisée derrière. Ce piratage massif a, en effet, été orchestré par des "spammers" à des fins financières, et non pas par un pays étranger à des fins politiques, affirme le Wall Street Journal sur base des conclusions préliminaires de l'enquête interne menée par Facebook en collaboration avec le FBI.

Selon une source proche du dossier interrogée par le journal américain, ces escrocs cherchaient à gagner de l'argent avec des pubs trompeuses de type "spams". De son côté, Facebook n'a rien voulu commenté de ces déclarations, indiquant seulement à l'AFP que le FBI lui avait demandé de ne pas parler des auteurs (ou en tout cas des suspects) du piratage.

On ne serait donc pas ici dans le même cas de figure que les fake news, publicités et faux comptes qui auraient circulé sur le réseau social pendant l'élection présidentielle américaine de 2016. Lesquels, les services du renseignement américain affirment qu'ils ont été mis en place par la Russie pour influencer le résultat des élections.

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