Le New York Times salue la victoire de Pierre Kompany, et tacle la Belgique au passage

Pierre Kompany, papa de Vince The Prince, est devenu bourgmestre de Ganshoren suite aux élections communales. Il s'agit d'une première en Belgique pour un homme de couleur noir. Sa victoire a fait le tour de la presse, jusque dans le prestigieux New York Times. 

"De réfugié à bourgmestre", Vincent Kompany ne pouvait cacher sa joie à la sortie du scrutin du 14 octobre dernier. Son papa, Pierre, 71 ans et né à Bukavu au Congo, est devenu le premier bourgmestre noir de notre pays.

"Nous sommes très fiers de toi! Tu as quitté le Congo pour arriver en Belgique en tant que réfugié en 1975, et te voilà premier bourgmestre noir de Belgique. Il était temps! C'est historique, nous sommes heureux. Félicitations!", peut-on voir sur une vidéo postée sur Instagram, en compagnie de son frère François.

Une victoire qui a eu un écho dans la presse internationale. En France bien sûr, mais aussi outre-Atlantique. C'est le New York Times qui lui consacre aujourd'hui un article. Le journal salue la performance du Bruxellois d'adoption, tout en soulignant le "progrès significatif" pour notre pays.

Passé colonial

Mais le coup de bâton n'est pas loin. Dans la foulée, le journaliste souligne le passé colonial de la Belgique, l'un des régimes coloniaux les plus durs d'Europe", responsable "d'avoir brutalisé des générations entières" en Afrique centrale.

Si la littérature scientifique et historique anglophone n'est souvent pas tendre avec notre pays, il s'agit d'une vérité maintenant admise. La Belgique sous le régime de Léopold II - qui n'a jamais mis les pieds au Congo - a provoqué des millions de morts. Sur ce sujet, nous vous conseillons l'excellent ouvrage - Congo - de David Van Reybrouck, qui tente de discerner le vrai du faux.

La diversité, pas assez représentée

Reste que depuis l'indépendance du Congo en 1960 et les différentes vagues de migration, nos hémicycles ne laissent que peu de place aux personnes originaires d'Afrique centrale. Aucun ministre, aucun bourgmestre, pas une seule personne de couleur noire n'a endossé les plus importantes responsabilités. Vincent Kompany faisait lui-même remarquer que notre Parlement fédéral manquait considérablement de couleurs. En fait, seule la députée SP.À Meryame Kitir est actuellement députée fédérale. À d'autres échelons de pouvoir, on peut citer aussi Brabara Trachte (Ecolo), députée au Parlement wallon et à la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Le bilan est maigre. Si on s'étonne parfois de la violence raciale qui règne aux États-Unis, force est de constater qu'ils ont déjà élu un homme noir à la plus haute fonction du pays. Les premiers élus noirs à faire leur entrée au Sénat américain datent de la fin du 19e siècle, avant une longue période de ségrégation. Si leur lutte pour leurs droits civiques s'est poursuivie tout au long du 20e siècle, le Congrès et les mairies du pays leur ouvrent leurs portes. Le dernier élu afro-américain en date est une femme: London Breed, maire de San Francisco depuis juin dernier. Elles sont quatre femmes noires à siéger à la tête de grandes villes: LaToya Cantrell, à La Nouvelle-Orléans, de Keisha Lance Bottoms, à Atlanta, et de Muriel Bowser, à Washington D.C.

Interrogé sur la chaîne de BX1, Pierre Kompany a eu du mal à retenir ses larmes. Fier de sa famille et de ses origines, il ne veut pas pour autant que l'on s'arrête sur sa couleur de peau ou le prénom de son fiston. Pierre Kompany entend mener sa politique, pour tout le monde: "Ganshoren va bouger : on a des programmes à mettre en route pour cette prochaine législature." C'est tout le mal qu'on lui souhaite.

Le clan Kompany célèbre la victoire

© Facebook Pierrre Kompany

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