Voici les 5 grandes tendances des élections communales

Le dépouillement des bureaux de vote touche à sa fin. L'heure de tirer un bilan sur ces élections communales. Premier enseignement: vos votes ont bouleversé les rapports de force.

1. Les Verts marquent leur territoire

Tant en Flandre, qu'à Bruxelles ou en Wallonie, Ecolo et Groen ont fait d'excellents résultats. C'est particulièrement vrai dans la capitale. Pour Zakia Khattabi, "les écologistes ont gagné les élections", rien de moins que ça. Ixelles (en tête), Forest (en tête), Watermael-Boitsfort (en tête), Uccle, Schaerbeek, Woluwe-Saint-Pierre, Bruxelles-Ville, autant de communes bruxelloises que de bons scores.

En Wallonie, Ecolo progresse à Liège, Tournai, Theux, Jodoigne, Mons, Waterloo, Nivelles... Le parti fait souvent un bon de 10%. Les raisons? L'analyse doit encore être faite. Mais les conditions climatiques de ces derniers mois ne sont sans doute pas étrangères à cette vague verte. Ecolo et Groen ont également joué leur rôle d'opposition à la perfection, tant au niveau climatique que par rapport à la politique migratoire du gouvernement fédéral. On peut également citer la vague jeune: quelque 700.000 votants s'exprimaient pour la première fois devant les urnes. On les sait sensibles sur les questions environnementales.

2. Le PS n'est pas mort, Di Rupo en route vers les législatives

Mons, Charleroi, La Louvière et même Tournai et Liège. Les scandales n'auront affaibli les socialistes que partiellement. Le PS limite la casse aussi à Bruxelles-Ville. Philippe Close se maintient en première place. Ailleurs dans la capitale, Catherine Moureaux chipe même la première position à Françoise Schepmans à Molenbeek. Et elle tend la main au PTB, une première. Sur plusieurs autres communes, Ecolo et PS pourraient également se rapprocher en vue d'une coalition.

De manière générale, le MR ne fait pas de bons résultats à Bruxelles et recule en Wallonie. Olivier Chastel, président du MR, n'a pu cacher sa déception, même s'il se félicite "de l'ancrage local du MR" qui "reste un parti important". Au niveau provincial, le MR réaliserait un score semblable à 2014. Ce qui n'est pas un mauvais signe en vue des élections législatives de mai prochain. Les élections provinciales sont souvent un bon baromètre.

Reste qu'il devra faire face à Elio Di Rupo. L'homme de 67 ans ne sera plus bourgmestre de Mons après 18 ans de service. Il laisse sa place à Nicolas Martin (PS) qui a récolté plus de voix de préférence. Le président des socialistes va pouvoir se concentrer sur les élections fédérales. En point de mire: la politique "du gouvernement MR-N-VA".

3. Lutgen sauve sa peau

"Merci, merci, merci, mille fois. Ça n'a pas toujours été facile, mais bravo pour cette belle victoire". Benoît Lutgen a eu chaud. Mais il y a finalement eu peu de suspense à Bastogne. Très vite, on a su que le bourgmestre sortant serait reconduit. Son frère, Jean-Pierre, a annoncé qu'il se retirait de la politique dans la foulée, sous les huées du public.

Benoit Lutgen a réalisé un score de 63%, sa majorité absolue sera reconduite. La liste de Jean-Pierre Lutgen aura pêché par son agressivité selon les premiers enseignements.

Au-delà de ce score, le cdH limite la casse en Wallonie, avec Namur l'un de ses bastions (Maxime Prévot). Les humanistes se présentent toujours comme le "3e parti francophone". Les projections des provinciales montrent toutefois le contraire: Ecolo serait passé devant. À Bruxelles, le cdH maintient Cerexhe (W-S-P), Hervé Doyen (Jette), Joël (Riguelle Berchem-Sainte-Agathe) et gagne Pierre Kompany (Ganshoren). Ce n'est pas la dégringolade annoncée, mais ce n'est pas brillant non plus.

4. Le PTB en hausse, DéFI sans plus

Là encore une tendance doit être mise en avant: la Wallonie reste bien ancrée à gauche. Pour preuves, les résultats du PTB en hausse un peu partout en Wallonie et menottent à Liège. Un constat qui veut aussi pour Bruxelles dans certaines communes. Le PTB gagne des dizaines d'élus, même à Anvers. N'oublions pas toutefois que la gauche radicale démarre de loin.

DéFI maintient ses trois bourgmestres à Bruxelles. Mais on est loin du raz-de-marée qu’annonçaient certains sondages. Le parti d'Olivier Maingain connaît aussi un apprentissage mitigé en Wallonie. Le parti amarante peut se montrer déçu.

5. En Flandre, le Vlaams Belang se rebiffe

La première progression qui saute aux yeux est à mettre à l'actif de Groen. La vague verte est nationale. Une progression toutefois relativisée par celle du Vlaams Belang. Le parti du jeune Tom Van Grieken connait des poussées populaires un peu partout dans le nord du pays. Dans le tweet de la VRT, on peut voir les projections des élections provinciales au Parlement flamand. Les deux partis précités y font une belle percée. On peut clairement parler de tendance.

Mais la N-VA, contrairement à ce qu'on pourrait croire, est loin de s’effondrer au profit de ce même Vlaams Belang. Pour preuve, ce score toujours monstre de Bart De Wever (36%) à Anvers. Les autres ministres fédéraux se débrouillent aussi très bien: Francken, Démir, Vandeput, Jambon sortent tous renforcés.

Quand la Wallonie penche toujours plus à gauche, la Flandre va à droite: les futurs débats aux élections fédérales s'annoncent tendus.

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