La N-VA n'est plus toute puissante, mais...

Le Grand Baromètre RTL  TVI, Le Soir, VTM Nieuws et Het Laatste Nieuws est l'occasion de prendre le pouls de la population, et ce, à 7 mois des prochaines élections fédérales et régionales. Une constante reste par rapport au mois de juin: la N-VA poursuit sa chute. De quoi mettre la majorité actuelle en danger.

On prend les mêmes et on recommence? Pas si vite. Si la majorité actuelle veut reconduire un gouvernement Michel II, elle n'aurait plus la majorité à la Chambre. Principalement, car la N-VA et le MR perdent des plumes par rapport au scrutin de 2014.

Flandre

C'est une tendance claire pour la N-VA. Depuis le mois de mars dernier, où elle trônait encore au-dessus des 30%, la N-VA dépasse aujourd'hui difficilement les 25%. Elle reste toutefois le premier parti de Flandre, et de loin, mais perd du terrain sur le CD&V (17,2%) et Groen qui poursuit son ascension (14,1%).

Difficile de savoir quel mal touche les nationalistes. La N-VA a été en difficulté cet été, notamment suite à plusieurs scandales à tendance xénophobe qui touchaient certains de leurs élus. On pense bien sûr au mouvement "Schild & Vrienden", mais pas sûr que cela puisse faire trembler la base de la N-VA. Au contraire, à voir la montée continue du Vlaams Belang (de 5,8% en mai à 11,3%), la politique menée par la N-VA au gouvernement fédéral pourrait être jugée comme pas assez stricte. Ou en tout cas pas assez en faveur de la Flandre.

Au niveau régional, on remarquera l'éclatement du vote flamand: CD&V, Open VLD (12,8%), Sp.a (11,7%), Groen et le Vlaams Belang se tiennent dans un mouchoir de poche. Cela jette beaucoup d'incertitudes tant à l’échelon régional que fédéral.

Wallonie et Bruxelles

D'autant que le partenaire francophone de la majorité fédérale ne compense pas. Si le MR effectue un rebond à Bruxelles (19,5%), devenant le premier parti de la capitale, et qu'il se stabilise en Wallonie (20,6%), les libéraux sont en retrait par rapport à 2014. Avec ses partenaires flamands, en n'oubliant pas la marge d'erreur de 3%, la Suédoise n'obtiendrait que 71 sièges sur les 76 pour atteindre la majorité (151 en tout).

Ailleurs à Bruxelles, on ne peut passer à côté de l’ascension de DéFI, 2e parti à hauteur de 15,8%. Tout comme celle des Verts qui se situent autour des 13,1%. Le PS se stabilise à 14,9%, la N-VA ne progresse plus à 6,5%, malgré les prospectus de Theo Francken en français. Pour les socialistes, la chute est tout de même lourde par rapport à 2014 (24,9%).

En Wallonie, le PS (23,6%) devance le MR (20,6%), mais les deux partis se stabilisent. Le PTB (13,%) passerait au-dessus d'Ecolo (10,9%), ce qui montre une Wallonie toujours bien ancrée à gauche. Enfin si la situation du cdH reste critique à Bruxelles, le parti humaniste repasserait tout juste la barre des 10% dans le sud du pays. L’apprentissage wallon de DéFI reste lui difficile (6,7%), soit pas loin du PP (6,9%).

Personnalités

Au niveau de la popularité des personnalités politiques, Maingain reste en tête à Bruxelles suivi d'un étonnant Reynders et de Paul Magnette. En Wallonie, c'est le Carolo qui vire en tête devant Di Rupo et le même Maingain. Theo Francken décroche la 5e place tant dans le centre que dans le sud du pays.

Le secrétaire d'État à l'Asile et la Migration triomphe toujours en Flandre devant Charles Michel, qui soigne sa communication dans le nord du pays, suivi du bourgmestre d'Anvers, Bart De Wever.

Si ce sondage n'aura que peu d'effet sur le scrutin communal, chacun tirera le bilan d'une tendance qui se confirme par rapport au mois de juin dernier, dans la perspective des élections de mai prochain cette fois.

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