L'alcool tue 1 personne sur 20 dans le monde: le dernier rapport de l'OMS est alarmant

L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a publié un nouveau rapport sur la consommation d'alcool dans le monde. Bien que les chiffres soient en baisse à l'échelle mondiale, le tableau dépeint reste noir.

Il nous accompagne à chaque soirée ou presque, l'alcool, et particulièrement la bière et le vin, est devenu dans nos sociétés modernes une forme de sociabilité largement banalisée. Mais boire régulièrement n'est pas sans conséquence sur la santé, et d'ailleurs le dernier rapport de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) est là pour le rappeler, en citant quelques chiffres qui vont te faire illico reposer ta bière.

Dans le Global Status Report on Alcohol and Health 2018, publié ce vendredi, on peut ainsi lire que 3 millions de personnes (dont les 3/4 sont des hommes) meurent chaque année des effets de l'alcool, autrement dit 1 personne sur 20. C'est "mieux" que dans le précédent rapport de 2012, où il s'agissait de 3,3 millions de décès liés à l'alcool, mais les chiffres restent alarmants.

L'alcool tue plus que le sida, la tuberculose et la violence

En comparaison aux autres causes de mortalité, les boissons alcoolisées sont à l'origine de 5,3 % des décès dans le monde. Chez les plus jeunes (20-29 ans), ce taux atteint carrément 13,5 %. Cela signifie que l'alcool est plus mortel encore que le sida, la tuberculose et les actes de violence réunis.

L'abus d'alcool peut entraîner diverses conséquences telles que des accès d'agressivité et de violence, mais aussi, plus graves encore, des problèmes de santé mentale et des maladies comme le cancer et les AVC.

Plus concrètement, la majorité des décès liés à l'alcool sont dus à des accidents de la route, des suicides et autres formes de violence (à hauteur de 28 %). Viennent ensuite les troubles digestifs (21 %) et les maladies cardiovasculaires (19 %). Les cancers (notamment du foie), le diabète, les maladies chroniques et les troubles mentaux sont également pointés du doigt. D'après le rapport, ce sont plus de 200 pathologies qui trouvent leur origine dans la consommation d'alcool. Et c'est sans mentionner les effets dramatiques que les personnes dépendantes à l'alcool éprouvent au quotidien: changements d'humeur, dépression, psychose, paranoïa...

Les Européens, les plus gros buveurs

À travers le monde, près de 2,3 milliards de personnes boivent de l'alcool régulièrement, et c'est en Europe que la consommation d'alcool par habitant est la plus élevée. Bien que celle-ci ait diminué de plus de 10 % depuis 2010.

En Belgique, les chiffres restent plus ou moins stables. En 2016, dernière année où les données sont disponibles, les Belges (âgés de 15 ans et plus) ont bu en moyenne par personne 12,1 litres (calculés en alcool pur), contre 11,4 litres en 2010. Un déséquilibre important est à noter entre les sexes puisque les hommes ont bu en moyenne 19,4 litres sur l'année, contre 5,2 litres chez les femmes. C'est, sans surprise, la bière qui est préférée (à 45 %) au vin (38 %) et aux spiritueux (14 %).

Le rapport estime également qu'en 2016 en Belgique, 1.064 cirrhoses du foie (soit 77,1 % des cas enregistrés chez les hommes et 63,9 % chez les femmes), 1.775 cancers (soit 7,7 % des cancers chez les hommes et 4,2 % des cancers chez les femmes) et 310 accidents la route (soit 47,3 % des accidents chez les hommes et 31,2 % des accidents chez les femmes) sont attribuables à une consommation d'alcool trop élevée.

Après tous ces chiffres, il est bon de rappeler que l'OMS préconise 2 verres maximum d'alcool par jour pour les femmes et 3 verres pour les hommes. À bon entendeur ;-)

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