Nigel Farage à Viktor Orbán: "Vous avez été insultés aujourd'hui. Rejoignez le Brexit Club"

Viktor Orbán a reçu une volée de bois vert mardi lors de son passage au Parlement européen. De nombreux eurodéputés l'ont couvert de reproches. Nigel Farage a fait le contraire. Le porte-drapeau du Brexit a pris sa défense et lui a conseillé de rejoindre son club d'eurosceptique.

C'était une séance plutôt rare qui s'est produite mardi au Parlement européen à Strasbourg. Viktor Orbán a tenté de convaincre les membres du Parlement de ne pas voter l'article 7 de l'Union européenne à l'encontre de son pays. Le Premier ministre hongrois avait face à lui une majorité d'eurodéputés quasiment unanimes sur un point: le dirigeant a violé gravement les principes de l'État de droit. Si la procédure complète de l'article 7 est adoptée, la Hongrie pourrait perdre son droit de vote au Parlement.

Orbán a accusé le Parlement de faire du "chantage" et lui a reproché d'attaquer "les droits des Hongrois". Parmi les discours à son encontre, on retiendra ceux des Belges Philippe Lamberts (Ecolo) et Guy Verhofstadt (ALDE). Le premier lui a reproché notamment ses "violations des libertés académiques" et son "asphyxie des médias indépendants". Le second lui a indiqué qu'il ne représentait pas la Hongrie: "Vous n'êtes pas la Hongrie, vous êtes un membre du gouvernement".

"Brexit Club"

Alors que la majorité de l'hémicycle dressait la liste de ses nombreux manquements à la démocratie et aux droits humains, un homme a décidé de prendre la défense de Viktor Orbán: Nigel Farage. L'un des meneurs les plus actifs du Brexit - mais qui deux ans après siège toujours au Parlement européen - a choisi d'applaudir et d'affirmer son soutien au dirigeant hongrois.

Nigel Farage: "Mr Orbán, vous répétez que vous souhaitez rester au sein de l'Union européenne. Mais ce n'est pas uniquement votre pays qui a été insulté aujourd'hui. Vous avez été insultés aujourd'hui. Il est temps d'être plus logique. Rejoignez le Brexit Club. Vous allez l'adorer."

Tonnerre d'applaudissements du côté de l'extrême-droite et des factions anti-européennes. Sourire entendu sur le visage de Mr Orbán.

Article 7

Les membres du Parlement européen vont voter ce mercredi pour savoir si l'article 7 sera déclenché contre la Hongrie. C'est un cas extrêmement rare: le seul pays à avoir été l'objet d'une telle procédure est la Pologne, vers la fin de l'année 2017. Et la procédure est encore loin d'être aboutie.

La difficulté de cet article réside dans le fait qu'elle nécessite l'approbation d'une majorité de 4/5 des États membres de l'Union européenne. Or, le Parti Populaire européen (PPE), parti auquel appartient Orbán, est en majorité à l'hémicycle avec 218 élus sur 751. Toute la question est de savoir comment les membres de ce camp vont voter aujourd'hui sachant que la veille, même eux ne soutenaient plus le Premier ministre hongrois.

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