La Wallonie épargnée par un tremblement de terre à la "Schild & Vrienden"... pour l'instant

La Belgique, et notamment le nord du pays, est encore sous le choc après le reportage sur le groupe étudiant "Schild & Vrienden". Aucun groupuscule aussi organisé et puissant, véhiculant les mêmes idées nauséabondes, n'existent pour l'instant en Wallonie. Mais cela ne veut pas dire que les racistes ne sont pas présents par chez nous...

Depuis jeudi, le groupe "Schild & Vrienden" fait la une de l'actualité. Des perquisitions ont notamment eu lieu vendredi chez Dries Van Langenhove, le fondateur de ce groupe étudiant d'extrême droite, et d'autres membres du groupe. Les politiques se relaient pour faire part de leur indignation et appeler à une réaction forte du gouvernement. Mais alors qu'on a appris que des membres de "Schild & Vrienden" étaient présents dans quatre partis flamands, dont la N-VA, qu'en est-il en Wallonie?

Les spécialistes sont d'accord pour dire qu'il n'existe pour l'instant aucun groupe aussi organisé et avec les mêmes idées en Wallonie. "Il n'y a en effet rien de comparable du côté francophone", explique Manuel Abramowicz de RésistantanceS, l'observatoire belge de l'extrême droite, dans la Capitale. "Cet activisme d'une ultra-droite n'existe pas ou n'existe plus. Les derniers groupuscules connus remontent aux années 30, avec Degrelle. En son temps, dans les années 70, le Front de la Jeunesse a tenté d'infiltrer le milieu universitaire, sans succès. Tout comme le Front National a tenté de placer l'un des siens lors d'élections à l'ULB dans les années 90. Sans y parvenir."

"L’extrême droite flamande est plus complexe"

Mais il ne faut pas croire pour autant que le racisme et l'extrême droite sont des soucis qui ne concernant que le nord du pays. "La volonté d’imposer l’ordre et la sécurité, la xénophobie voire le racisme sont communs à toutes les organisations ou proto-organisations d’extrême droite, au nord comme au sud du pays", confirme dans le Soir Jean Faniel, directeur général du Centre de recherche et d’information socio-politiques. "En Wallonie, il n’y a pas de cohésion comme en Flandre ou en France. C’est un milieu dans lequel il y a beaucoup de transfuges à la suite de querelles d’ego. Ils préfèrent alors créer leurs propres mouvements", ajoute Julien Paulus, le coordinateur des Territoires de la Mémoire, toujours dans le Soir.

Il précise: "L’extrême droite flamande est plus complexe. Il y a une sorte de paravent identitaire qui résulte du combat régionaliste. Ce qui rend difficile l’identification de ces groupuscules. Il faut faire la part des choses et ça prend du temps. En Wallonie, en revanche, il n’y a pas cette confusion. On est plus dans le rejet de l’étranger, dans le racisme classique". Tous s'accordent sur l'absence de groupuscule d'extrême droite aussi organisé et puissant dans les universités wallonnes. Mais tous confirment que l'extrême droite reste présente, bien que morcelée, en Wallonie. Et comme "le danger, ce ne sont pas tellement les structures, ce sont les idées", comme l'explique Manuel Abramowicz dans le Soir, il ne faudrait pas croire que la Wallonie est à l'abri...

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