En Egypte, si tu as plus de 5.000 abonnés sur les réseaux sociaux, tu es surveillé (et parfois pire)

Ca samedi 1er septembre, le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a promulgué une loi un peu inquiétante. Elle consiste en la surveillance des personnes un peu trop influentes sur internet au goût du gouvernement. Toute personne ayant plus de 5.000 abonnés peut donc être surveillée. 

Sale temps pour les influenceurs en Egypte. Le président Abdel Fattah al-Sissi a en effet promulgué une nouvelle loi plutôt inquiétante et assez liberticide. En effet, celle-ci va permettre à l'État de surveiller étroitement certaines personnes sur les réseaux sociaux. Pratiquement cela se passe comme ça: si quelqu'un a plus de 5.000 followers sur son blog, site personnel ou réseaux sociaux, il pourra être surveillé par les autorités égyptiennes.

Et si le Conseil supérieur de régulation des médias égyptiens l'estime nécessaire, il pourra suspendre ou bloquer ces sites ou comptes si il estime qu'ils "publient ou diffusent de fausses nouvelles ou incitent à violer la loi, à la violence ou à la haine". Déjà à la mi-août, le gouvernement avait lancé une loi " de lutte contre la cybercriminalité" qui permet aux autorités de bloquer une site grâce à un juge qui constitue "une menace pour la sécurité nationale" ou pour l'économie. Depuis, plus de 500 sites d'informations et d'ONG ont été bloqués en Egypte.

Internautes en prison

La loi ne fait pas que bloquer et surveiller les internautes, elle permet aussi des les emprisonner si cela arrange les autorités. La loi prévoit également des amendes de 50.000 à 100.000 livres égyptiennes (2.440 à 4.885 euros) pour "tout personne qui accède délibérément ou par erreur, et sans raison valable, à un site, un compte privé ou un système informatique dont l’accès est interdit." Même chose pour "tous ceux qui créent, dirigent ou utilisent un site ou un compte privé dans le but de commettre ou faciliter la commission de crimes punis par la loi".

Et sans surprise, certains internautes un peu trop virulent envers l'État égyptien ont eu la mauvaise surprise d'être envoyé en cellule. On leur reproche d'appartenir à des "groupes interdits" et de diffuser des "fausses nouvelles". Déjà en juillet, quand les gouvernement discutait à propos de cette loi, Amnesty Internationale avait mis en garde le gouvernement en expliquant que ces lois portaient atteinte à la liberté d'expression. De toute évidence, le gouvernement égyptien n'a pas tenu compte des remarques de l'ONG.

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