"Le pays doit-il tourner comme le veut la N-VA?": au tour du cdH de se prononcer en faveur d'une refédéralisation

La fronde continue du côté des partis francophones. Après le MR, c'est au tour du cdH de sortir du bois, par la voix de son vice-président Maxime Prévot, et de se dire favorable à une refédéralisation de certaines compétences.

"Pour des raisons d'efficacité et d'efficience dans l'action publique, je soutiens qu'il est nécessaire à terme de réunifier certaines compétences à l'échelle fédérale". Maxime Prévot est on ne peut plus clair dans les colonnes du Soir. Après la signature par plusieurs ténors du MR d'une lettre ouverte appelant à refédéraliser certaines compétences dans le pays, c'est au tour du vice-président du cdH de s'exprimer pour son parti et de se dire favorable à cette idée.

Pas pour 2019

"Le cœur du débat, c'est comment être beaucoup plus efficace en politique. Refédéraliser? Pourquoi pas! Depuis 10 ans, je ne cesse de dire que 9 ministres de la Santé, c'est 9 fois trop. Mobilité, environnement, climat, énergie, même constat. Tout le monde est compétent, mais personne n'est responsable", explique le bourgmestre de Namur.

Il prévient toutefois: pas question d'appeler à une révolution politique à l'aube des élections de 2019: "Les francophones ne sont pas demandeurs d'une nouvelle réforme de l’État. C'est important. Nous ne voulons pas de cela en 2019. (...) Je soutiens que le tabou doit tomber, que l'on doit oser en parler, mais je ne veux pas que tout cela devienne un enjeu central en 2019."

Pour Maxime Prévot, certains domaines sont plus prioritaires que d'autres en vue d'une refédéralisation: le commerce extérieur, la santé, et la mobilité. "La Belgique est grande dans ses ambitions et dans ses atouts, mais elle est un confetti géographiquement, nous devons en tenir compte. Or, qu'est ce qu'on constate? Qu'elle explose ses compétences. Il faut corriger le tir. Refédéraliser", renchérit Prévot.

"Nous devrions nous taire?"

Maxime Prévot le sait toutefois: l'un des principaux obstacles à une refédéralisation si ardemment désirée côte francophone sera la N-VA. "Vu le contexte politique et le pouvoir actuel de la N-VA, ce ne sera pas facile de l'obtenir. Mais ne tombons pas dans le piège inverse qui serait de régionaliser encore plus. Se racrapoter sur sa Région, c'est le pire. Des alternatives sont possibles pour plus d'efficacité", assure-t-il, faisant allusion à la réaction du parti de Bart De Wever vendredi après l'appel de certaines poids lourds du MR à une refédéralisation.

Ce qui a le don d'énerver le cdH et Prévot. "Mais enfin, le pays doit-il tourner comme le veut la N-VA? Nous sommes libres de nous exprimer. Et je rappelle que c'est une personnalité flamande, Alexander De Croo, qui a lancé le débat. J'ose espérer que les formations politiques n'ont pas renoncé à intervenir dans le débat public. La N-VA n'est pas l'alpha et l'oméga de la pensée politique dans ce pays! Du reste, eux n'hésitent pas à s'exprimer quand ils le jugent nécessaire... Et nous, nous devrions nous taire?", assène-t-il.

Qui a dit qu'on s'ennuyait en politique durant l'été?

Déjà lu?