24% des accidents de la route impliquent des cyclistes et c'est à Bruxelles qu'il y en a le plus

En 2017, quelques 4.200 accidents avec tués ou blessés ont eu lieu en Belgique avec la circonstance aggravante qu’un délit de fuite a été commis, révèle l'institut Vias. Ce qui fait pratiquement 1 accident toutes les 2 heures. Et sur ces accidents, quasiment la moitié implique des piétons ou des cyclistes.

Le Belge conduit-il chaque fois plus mal? Aujourd'hui, il y a proportionnellement plus d’accidents avec délit de fuite qu’il y a 10 ans (11% au lieu de 9%), écrit Vias. Dans un rapport, l'Institut Belge pour la Sécurité Routière explique que le phénomène ne faiblit pas et qu'il est particulièrement inquiétant à Bruxelles où le pourcentage d’accidents avec délit de fuite dépasse carrément 15% (contre 11% en Flandre et 9% en Wallonie).

En plus de conduire mal, le Belge n'assumerait pas ses erreurs. 4.200 accidents par an avec tués ou blessés, cela fait un accident avec délit de fuite toutes les deux heures. Et c'est dans la capitale que ces accidents surviennent le plus.

© Vias

Cyclistes et piétons

Les premières victimes de ces accidents avec délit de fuite sont les cyclistes et les piétons. Ces derniers sont respectivement impliqués dans 24 et 12% des accidents en général. Mais dans les accidents avec délit de fuite, le chiffre passe à 34 et 23%. "Ils sont donc surreprésentés dans ce type d’accidents", ajoute Vias.

Encore plus inquiétants est le nombre de piétons et cyclistes qui perdent la vie dans ces circonstances. "Plus de la moitié (54%) des usagers tués dans un accident avec délit de fuite sont des piétons et près d’1 usager sur 5 (18%) est un cycliste". Si 18% des accidents avec délit de fuite ont lieu la nuit, plus de 8 accidents avec délit de fuite sur 10 ont quand même lieu en journée.

Les causes

Pour Vias, les principales causes qui expliquent ce type de comportement sont:

  • Alcool ou drogues, documents pas en ordre: l’alcool et les drogues compliquent la prise de décisions rationnelles. La possibilité d’être retrouvé et plus sévèrement sanctionné pour le délit de fuite que pour l’accident proprement dit, ne lui vient pas à l’esprit.
  • Peur de l’image: certains contrevenants se préoccupent de leur image et de leur position sociale. Se faire prendre alors qu'ils ont commis un grave délit risque de nuire à leur réputation. Ils veulent donc à tout prix éviter que cela se sache.
  • Absence de jugement moral: pour un petit groupe de contrevenants, ce n’est pas la peur qui les incite à prendre la fuite mais plutôt une absence totale de jugement moral. Pour certains, commettre un délit de fuite représente une sorte de défi, de jeu; d’autres ne tiennent tout simplement pas compte des autres. Ils appliquent leurs propres règles et sont convaincus que les accidents sont imputables aux victimes.

Les sanctions

"Depuis le 15 février, les sanctions pour délit de fuite ont été renforcées", rappelle Vias. On différencie les accidents avec blessés et ceux avec tués.

Lorsque l'accident n'a entraîné "que" des blessés, le coupable est puni d’un emprisonnement de quinze jours à trois ans et/ou d’une amende de 3200 euros à 40.000 euros, ainsi que d’une déchéance du droit de conduire d’une durée de 3 mois au moins et 5 ans au plus ou à titre définitif. Si l’accident a entraîné la mort, la peine de prison peut aller jusqu’à 4 ans. Et pour pouvoir reprendre le volant, le conducteur doit repasser un examen théorique, pratique et psychologique.

Vias conclut en disant que les sanctions sont logiques mais que leur effet dissuasif n'est pas énorme. La peur de se choper une amende joue beaucoup. Mais l'idéal serait de se rendre compte de la souffrance des victimes et de leur besoin de savoir ce qui s’est réellement passé. Prendre conscience de l'aspect humain pourrait avoir un énorme impact sur le chauffard.

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