Ça craint pour Assange, le fondateur de WikiLeaks: le président équatorien veut le mettre à la porte de l'ambassade à Londres

Le président équatorien, Lenin Moreno, se serait rendu à Londres pour discuter avec les autorités. Il serait bien décidé à mettre Julian Assange, le fondateur de WikiLeaks, à la porte de son ambassade.

Cela fait presque six ans que Julian Assange, le fondateur de la plateforme WikiLeaks, a trouvé refuge dans l'ambassade d'Équateur à Londres. Mais aujourd'hui, le pays semble bien décidé à le mettre dehors. Le président équatorien, Lenin Moreno, se serait rendu en Grande-Bretagne pour prendre la parole au Global Disabilities Summit mais selon The Intercept, ce voyage aurait un but caché: négocier avec les autorités britanniques pour mettre Assange à la porte de l'ambassade. L'Équateur retirerait la protection dont bénéficie Julian Assange, et qui est en place depuis 2012, et remettrait le fondateur de le WikiLeaks aux autorités britanniques. Une source proche du ministère des Affaires étrangères équatorien a confirmé à Intercept que Moreno est sur le point de finaliser l'accord, si ce n'est pas déjà fait.

L'Équateur avait déjà coupé la connexion Internet d'Assange une première fois brièvement en 2016 et puis définitivement il y quelques mois. La raison? Il aurait manqué à son engagement de ne pas interférer avec les relations entre l'Équateur et les États-Unis, entre autres.

Outrage au tribunal et peine de prison de deux ans

Julian Assange s'est réfugié dans l'ambassade équatorienne à Londres car il était accusé par la Suède d'avoir commis un viol mais il a toujours nié cette accusation et a toujours dit que la Suède agissait pour le compte des États-Unis. Depuis, le parquet suédois a classé l'affaire. On peut se demander pourquoi il restait donc cloîtré dans l'ambassade d'Équateur. Eh bien en théorie, il ne pourrait plus être poursuivi, mais l'affaire pourrait être réouverte s'il remettait les pieds en Suède d'ici 2020. Et surtout, il a peur d'être arrêté dès qu'il met un pied en dehors de l'ambassade et d'être extradé vers les États-Unis. Là, il serait jugé pour avoir publié des secrets militaires et diplomatiques.

Et il est hautement improbable que Moreno obtienne la garantie que le Royaume-Uni n'extradera pas Assange aux États-Unis. Et même dans le scénario où il n'est pas extradé, il est semble très probable qu'Assange sera emprisonné par les autorités britanniques. La seule procédure pénale connue contre Assange au Royaume-Uni est un mandat d'arrêt de 2012 pour "défaut de se rendre" quand il a obtenu l'asile de l'Équateur plutôt que de se rendre au tribunal. Mais les procureurs britanniques pourraient arguer que ce "défaut de se rendre" était si prolongé, intentionnel et malveillant qu'il est un véritable outrage au tribunal et est passible d'une peine de prison qui peut aller jusqu'à deux ans.

Et aux États-Unis?

La question la plus importante qui déterminera l'avenir d'Assange est ce que le gouvernement américain a l'intention de faire. L'administration Obama était impatiente de poursuivre Assange et WikiLeaks pour avoir publié des centaines de milliers de documents classifiés, mais a finalement conclu qu'il n'y avait aucun moyen de le faire sans poursuivre les journaux tels que le New York Times et le Guardian qui ont publié les mêmes documents.

Mais l'administration Trump a déjà montré qu'elle n'était pas sur la même longueur d'onde. Bien au contraire. En avril dernier, Mike Pompeo, alors directeur de la CIA et maintenant secrétaire d'État a été très menaçant envers WikiLeaks. Pompeo décréta que WikiLeaks était "un service de renseignement hostile non étatique souvent soutenu par des acteur comme la Russie". Et il a ajouté qu'ils ne pouvaient plus "laisser à Assange et à ses collègues la latitude d'utiliser les valeurs de la liberté d'expression contre eux".

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