#SoisUnHomme, cette campagne anti-bikini montre que le salafisme gagne du terrain au Maroc

Sur les réseaux sociaux marocains, une campagne appelle les hommes à ne pas laisser "leurs femmes" sortir en "tenues indécentes". Derrière le hastag #SoisUnHomme, une envie d'interdire le bikini sur les plages.

En une semaine, le message a été repartagé plus de 14.000 fois. La campagne se propage dans les grandes villes comme Rabat. Il est encore difficile de savoir qui se trouve exactement derrière cette campagne.

Ce n'est pas pas la première année que la campagne #SoisUnHomme apparaît. En 2014 et 2016, des appels similaires demandaient aux femmes de sortir plus couvertes. Selon les propagateurs de cette campagne, ce sont des préceptes imposés par l'Islam, la religion officielle au Maroc. Cette croyance prend de plus en plus d'importance dans le pays. Depuis 2001, par exemple, un parti islamique est au pouvoir.

De plus en plus de Marocains sont attachés à la forme conservatrice de l'Islam, dit Betty Lachgar au média NOS. Lachgar est psychologue et fondatrice de l'organisation des droits de l'homme MALI, le Mouvement Alternatif pour les Libertés Individuelles. "Grâce au satellite et aux médias sociaux, le salafisme est facilement accessible pour les jeunes."

"La femme appartient à l'homme"

Selon Lachgar, la campagne a d'importantes répercussions. "Elle touche principalement les jeunes qui ont été élevés avec des idées machistes, mais pas spécifiquement islamiques. Après une campagne comme celle-ci, ils vont dire à leur soeur qu'elle n'a pas le droit d'aller à la plage en bikini. Certaines femmes veulent s'y opposer, mais elles ont peur ou sont simplement fatiguées de se battre et elles finissent par se couvrir davantage. "

"L'Islam affirme que vous ne pouvez retirer vos vêtements que devant votre mari, et pas devant les autres", raconte une fille sur la plage de Rabat. Elle porte un T-shirt et un short par-dessus un long legging. Elle est sur la plage aux côtés d'un garçon en simple maillot de bain. Ce dernier est d'accord: "La femme appartient à l'homme."

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