Après 8 heures de réunion, les 28 ont décidé... de renforcer les contrôles aux frontières de l'Europe

Ils devaient évoquer le Brexit, l’économie, la croissance, l’emploi et les questions migratoires. Finalement, sous la pression du Premier ministre italien, le sommet a été dominé par la crise migratoire.

"Les 28 dirigeants de l'UE ont approuvé les conclusions sur la migration", a tweeté Donald Tusk ce vendredi vers 4h du matin. Après 8h de réunion, un accord commun avait enfin été trouvé.

Sous la pression du Premier ministre Giuseppe Conte, qui menaçait de ne rien approuver tant qu'une solution à la crise migratoire n'avait pas été trouvée, les 28 ont décidé de prendre des mesures importantes pour surveiller et bloquer les frontières européennes.

"Contrôle plus efficace"

L'accord commun des 28 établit qu'il sera fait un "contrôle plus efficace des frontières extérieures" et qu'une "action extérieure accrue" sera mise en place. "Le Conseil européen est déterminé à poursuivre et à renforcer cette politique afin d'empêcher un retour aux flux incontrôlés de 2015 et à endiguer davantage la migration illégale sur toutes les routes existantes et émergentes", peut-on lire dans les conclusions du sommet.

Concernant le passage par la mer Méditerranée, les 28 ont promis d'intensifier leur lutte contre les passeurs et renforcer leur soutien "à la région du Sahel, à la garde côtière libyenne, aux communautés côtières et méridionales, aux conditions d'accueil humaines, aux retours humanitaires volontaires, à la coopération avec d'autres pays d'origine et de transit, ainsi qu'à la réinstallation volontaire."

"Plateformes de débarquement régionales"

En pratique, cela signifie qu'un budget plus important sera alloué aux pays méditerranéen susceptibles d'accueillir des migrants comme l'Espagne mais également des pays non-membres de l'UE comme le Maroc. Et pour mettre un terme au business des passeurs, les 28 ont décidé de mettre en place des "plate-formes de débarquement régionales".

Créés en coopération avec les pays d'Afrique d'où partent les embarcations de passeur mais également avec l'aide de l'UNHCR, l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés, et l'IOM, l'Organisation internationale pour les migrations, ces "plateformes" sont en réalité des centres de détention installés chez les États membres qui se proposeront volontairement de les accueillir (autres que l'Italie). Rapellons que cette idée vient à l'origine du controversé Premier ministre hongrois Viktor Orban. En 2015, cette mesure avait été rejetée, aujourd'hui elle est accepté, signe que les temps ainsi que le climat politique changent.

Plus d'argent pour l'Afrique

Une autre des solutions approuvées est d'affecter 500 millions d'euros au Fonds d'affectation spéciale de l'UE pour l'Afrique. Les 28 sont arrivés à la conclusion que pour résoudre le problème de la migration, il fallait s'attaquer à la source du problème: créer des conditions de vie dans les pays d'origine qui ne donneront plus envie à leurs habitants de partir.

Et cela passe par une "transformation socio-économique substantielle du continent africain". "La coopération entre l'Union européenne et l'Union africaine est un élément important de nos relations. Le Conseil européen appelle à continuer de le développer et de le promouvoir."

Mais, au terme de ces 8 heures de réunion, un doute subsiste. Quels seront les États membres qui accueilleront, sur base volontaire, les migrants dans ces "plateformes de détention" qui ne seront en réalité que de nouveaux centres fermés? Comment s'organisera la redistribution des migrants qui poseront le pied en Europe? Plusieurs questions qui restent pour l'instant en suspens.

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